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esse arts + opinions

Numéro 76, automne 2012, p. 12-15

L’idée de la peinture / The Idea of Painting

Direction : Sylvette Babin (directrice)

Rédaction : Sylvette Babin (rédactrice en chef)

Éditeur : Les éditions esse

ISSN : 0831-859X (imprimé)  1929-3577 (numérique)

esse045
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Article

L’objet de l’idéeThe Object of the Idea

Marie-Eve Beaupré

Translated from the French by

Ron Ross

Résumé | Extrait

L’OBJET DE L’IDÉE BEAUPRÉ The object of the idea Eric Cameron, Sonnets from Shakespeare – for Margaret (1032), depuis 2002 | begun 2002. photo : permission de | courtesy of the artist & TrépanierBaer Gallery, Calgary Marie-Eve D’emblée, je dois préciser que ce n’est pas tant l’idée de la peinture, mais bien la peinture elle-même qui m’intéresse, parce que les objets se posent généralement en amont de ma réflexion ; et aussi parce que l’idée que je me fais de la peinture fait écho à un corpus d’oeuvres réalisées par Eric Cameron, celui des Thick Paintings. Ces objets, dans un premier temps, me permettent de partager ici quelques notes de recherche sous la forme d’une histoire. C’est à la fin du mois d’avril 1979 que débute cette production inédite. Un artiste choisit différents objets dans son appartement, un annuaire téléphonique, une pomme, une chaussure, puis les recouvre tous d’une couche d’apprêt blanc. À la suite de cette première application de peinture, la fonction usuelle des objets sacrifiés est annihilée et de nouveaux monochromes voient le jour. Le lendemain, l’histoire se poursuit. L’artiste ajoute une couche d’acrylique sur chacun. Il superpose les applications, un geste dont il prendra l’habitude. Quotidiennement, une décennie durant, il recouvrira ces objets. Lentement, la pomme, la chaussure, et bientôt la rose, la tasse, la soucoupe, la bouteille, connaissent l’accroissement de leur volume. Éventuellement, les applications superposées de peinture noient les détails à la surface des objets. Manifestement, ceux-ci se transforment. Leurs creux et leurs interstices sont comblés. L’accumulation de coups de pinceau crée de nouvelles ondulations. Des bourrelets de matière se forment. Progressivement, la forme des objets se modifie. Mille neuf cent une couches de peinture plus tard, l’annuaire téléphonique n’est plus le même. La laitue et la brioche danoise non plus. Imaginons un instant que ce même processus soit appliqué à l’idée de la peinture....

Auteur : Marie-Eve Beaupré
Titre : L’objet de l’idée / The Object of the Idea
Revue : esse arts + opinions, Numéro 76, automne 2012, p. 12-15
URI : http://id.erudit.org/iderudit/67191ac

Tous droits réservés © Les éditions esse, 2012

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