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esse arts + opinions

Numéro 76, automne 2012, p. 82

L’idée de la peinture / The Idea of Painting

Direction : Sylvette Babin (directrice)

Rédaction : Sylvette Babin (rédactrice en chef)

Éditeur : Les éditions esse

ISSN : 0831-859X (imprimé)  1929-3577 (numérique)

esse045
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Compte rendu

Chante avec moi, L’Activité, Usine C, Montréal, du 25 au 27 mai 2012, Festival TransAmériques

Christian Saint-Pierre

Résumé | Extrait

« Toute la vie des sociétés dans lesquelles règnent les conditions modernes de production s’annonce comme une immense accumulation de spectacles. » Dire que la plupart des créations d’Olivier Choinière s’inscrivent dans le prolongement des thèses de La Société du spectacle (Guy Debord, 1967) tient de l’évidence. Explorant brillamment les notions d’obéissance, d’aliénation, de propagande, de conditionnement et de marchandisation, faisant de notre soif de divertissement un inépuisable objet d’étude plutôt qu’une religion à pratiquer, l’auteur et metteur en scène est en train d’édifier une oeuvre d’une rare cohérence, férocement critique, aussi vigoureuse que clairvoyante. Pour tendre un miroir à ses contemporains, les inciter à contempler leur reflet souvent monstrueux, le directeur artistique de l’Activité n’a pas son pareil. Félicité (2007) s’attaquait à notre fascination morbide pour la vie désespérément banale des gens riches et célèbres. ParadiXXX (2009) s’aventurait sur le territoire extraordinairement révélateur de la pornographie. Élu meilleur spectacle montréalais de la saison 2010-2011 par l’Association québécoise des critiques de théâtre, Chante avec moi, créé à l’Espace libre, repris au Théâtre français du CNA puis à l’Usine C lors du plus récent FTA, est une implacable illustration des ravages de la spectacularisation. Avec ses 50 comédiens-chanteurs, son caractère répétitif et sa scénographie en constante expansion, la représentation s’approche avec une adresse admirable de l’absurde et de la grandiloquence du phénomène qu’elle dépeint. « Je chante, oui je chante, pour que tu chantes, avec moi. » Une seule chanson reprise en boucle, voilà la trame du spectacle. Sur scène, un groupe hétéroclite, quelque chose comme un microcosme. Son chant semble tout d’abord traduire une communion, exprimer les aspirations d’une collectivité. Peu à peu, la ritournelle se fait cri de ralliement, hymne vengeur porté par une chorale outrageusement enjouée. Les costumes...

Auteur : Christian Saint-Pierre
Ouvrage recensé : Chante avec moi, L’Activité, Usine C, Montréal, du 25 au 27 mai 2012, Festival TransAmériques
Revue : esse arts + opinions, Numéro 76, automne 2012, p. 82
URI : http://id.erudit.org/iderudit/67212ac

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