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esse arts + opinions

Numéro 75, printemps-été 2012, p. 80

Objets animés / Living Things

Direction : Sylvette Babin (directrice)

Rédaction : Sylvette Babin (rédactrice en chef)

Éditeur : Les éditions esse

ISSN : 0831-859X (imprimé)  1929-3577 (numérique)

esse045
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Compte rendu

Sepsis, Théâtre Péril, Théâtre La Chapelle, Montréal, du 17 au 21 janvier 2012

Christian Saint-Pierre

Résumé | Extrait

Après C.H.S. (2007), Anky ou La fuite (2008) et Trans(e) (2010), Christian Lapointe dévoilait en janvier dernier le chapitre final de son Cycle de la disparition, un nouvel objet de fascination intitulé Sepsis. Précisons tout de suite que la tétralogie, que l’on pourrait décrire comme une suite de méditations existentielles multimédias, emprunte certains de ses codes aux arts visuels, à la performance et à l’installation, et qu’elle n’est pas sans évoquer certaines des réalisations de Denis Marleau ou Romeo Castellucci. Il s’agit en somme d’une démarche hautement atypique dans le paysage théâtral québécois. Quand le jeune auteur et metteur en scène, directeur du Théâtre Péril, règle ses comptes avec la mort, autrement dit avec la condition humaine, il le fait de manière singulière et inventive, en se jouant des conventions théâtrales aussi bien que des perceptions du spectateur, en s’aventurant sur le territoire de l’inconscient et de l’intangible, en misant sur l’abstraction des mots et des images, sur la force de frappe de ce qui est invisible, inexplicable, tapi dans l’ombre. Les individus qui peuplent les tableaux qu’il imagine sont tourmentés, menacés, calcinés, possédés ou déchirés, prisonniers du temps et de l’espace, suspendus entre ciel et terre, maintenus entre la vie et la mort, écartelés entre le masculin et le féminin, la chair et l’esprit. Dans Sepsis, le plus ambitieux des quatre volets du cycle, par le nombre de comédiens (Sylvio Arriola, Israël Gamache, Rachel Graton, Joanie Lehoux, Jocelyn Pelletier, Éric Robidoux) aussi bien que par l’ampleur du dispositif scénique, corps et identités sont plus que jamais « en décomposition », fragmentaires et polyphoniques. Rappelons qu’en grec, sepsis signifie « putréfaction » et qu’en français, une sepsie est une infection causée par un micro-organisme pathogène. L’inventive scénographie de Jean-François Labbé représente une morgue, un lieu de transit entre le dernier souffle et la demeure éternelle. Pour...

Auteur : Christian Saint-Pierre
Ouvrage recensé : Sepsis, Théâtre Péril, Théâtre La Chapelle, Montréal, du 17 au 21 janvier 2012
Revue : esse arts + opinions, Numéro 75, printemps-été 2012, p. 80
URI : http://id.erudit.org/iderudit/66444ac

Tous droits réservés © Christian Saint-Pierre, 2012

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