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ETC

Numéro 96, juin-octobre 2012, p. 30-34

Du spirituel dans l’art

Direction : Isabelle Lelarge (directrice) et Céline Pereira (directrice adjointe)

Rédaction : Isabelle Lelarge (rédactrice en chef)

Éditeur : Revue d'art contemporain ETC

ISSN : 0835-7641 (imprimé)  1923-3205 (numérique)

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Article

Massimo Guerrera : une façon de voir l’être ensembleMassimo Guerrera, La réunion des pratiques, suivi de Vingt façons de regarder un dessin, échange avec Michaël La Chance, L’oeuvre de l’Autre, le centre de l’exposition de l’UQÀC, 2011, non paginé

Bernard Lamarche

Résumé | Extrait

Couverture de la publication La réunion des pratiques de Massimo Guerrera. Textes de Massimo Guerrera et de Michaël Lachance, L’oeuvre de l’Autre, Chicoutimi, 2011, 36 p. Une facon de voir Massimo Guerrera, La réunion des pratiques, suivi de Vingt façons de regarder un dessin, échange avec Michaël La Chance L’oeuvre de l’Autre, le centre de l’exposition de l’UQÀC 2011, non paginé Spécimen rare dans le domaine de la publication en art contemporain au Québec, cet ouvrage largement illustré se présente comme un catalogue d’exposition et propose un texte consistant de l’artiste Massimo Guerrera, portant sur la dimension hautement spirituelle de sa démarche, et un échange avec l’artiste – 25 façons de regarder un dessin – mené par le philosophe et sociologue Michaël La Chance1. S’ils n’en présentent pas toutes les qualités requises, les propos signés par le créateur de l’installation Darboral retiennent du genre de l’essai moins une propension à débattre qu’une portée philosophique indéniable. Sur la manière dont la pratique de la spiritualité englobe l’ensemble des facettes de la pratique artistique telle que la conçoit l’artiste, ce texte aborde une panoplie de dimensions qui conduisent à une perméabilité des expériences dont il s’est précisément agi d’articuler la réunion, voire la fusion. Quiconque se sera baigné dans les installations performatives de Guerrera, notamment lors de la dernière édition de la Triennale de l’art québécois au Musée d’art contemporain de Montréal, l’an dernier, y trouvera matière à arrimer la façon qu’ont de se désenvelopper les multiples branchements entre les sphères d’activité de l’artiste, lui qui, notamment, habite ses installations de diverses performances publiques, en outre méditatives, qui peuvent remuer les attentes de certains. Chez l’artiste, l’ensemble des champs d’activités, créatrice ou davantage commune, ne connaît ni frontières, ni limites, ni commencement. Proposées autour d’un projet artistique, communautaire et spirituel dont les germes croissent depuis 2007, ces réflexions aujourd’hui portent sur « l’expérience incarnée de l’interconnexion entre la pratique spirituelle et la pratique artistique dans l’atelier intérieur des participants ». L’artiste valorise une ouverture qui rapproche de la « créativité libératrice et consistante », une conscientisation volontaire et profonde des états et des processus qui alimentent cette créativité où « chaque instant de simplicité devient un moment de présence lumineuse ». Aussi, dans ce qu’il expose à notre sens le mieux dans ces pages issues d’une immersion avérée dans la spiritualité, Guerrera en appelle à une détente des positions et des postures qui visent une capacité « à rire de nos crispations », à éviter les fixations sclérosantes, invitant au passage l’art, bellement, à devenir « un lieu pour s’assouplir », menant à travers une « attention sensible » et des « lâcher-prise », à des « brèches » qui « laissent passer de l’air et de la lumière dans nos solidifications ». Ces passages, ici rapidement résumés, constituent pour nous un des apports les plus engageants de l’auteur, chez qui la pensée se forme notamment à partir de guides bouddhistes, dont Chögyam Trungpa Rinpoché, associé au Vajrayana tibétain, aussi connu comme bouddhisme tantrique, et Shunryu Suzuki, maître zen. Sans doute, un des mots clés de la pensée de l’artiste, car il s’agit d’une véritable pensée sur la création et la vie quotidienne comme spirituelle, condense à lui seul cet univers dont sont notamment issues des oeuvres picturales exquises, à savoir une « porosité » entre les objets, les êtres et les usages. Reliant les sphères sociales et privées, les gestes du quotidien et ceux liés à la création, une même énergie, une même conscientisation émane, présentée comme une aspiration à l’évanouissement des lignes de partage machinalement dressées dans l’existence. Autre orientation forte de cet écrit, facette que l’esthétique de l’artiste excelle à mettre en forme, l’inclusion ne semble pas connaître de limite aucune.

Auteur : Bernard Lamarche
Titre : Massimo Guerrera : une façon de voir l’être ensemble
Ouvrage recensé : Massimo Guerrera, La réunion des pratiques, suivi de Vingt façons de regarder un dessin, échange avec Michaël La Chance, L’oeuvre de l’Autre, le centre de l’exposition de l’UQÀC, 2011, non paginé
Revue : ETC, Numéro 96, juin-octobre 2012, p. 30-34
URI : http://id.erudit.org/iderudit/67034ac

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