Érudit - Promouvoir et diffuser la recherche
FrançaisEnglishEspañol
 

Recherche détaillée

.

ETC

Numéro 96, juin-octobre 2012, p. 47-49

Du spirituel dans l’art

Direction : Isabelle Lelarge (directrice) et Céline Pereira (directrice adjointe)

Rédaction : Isabelle Lelarge (rédactrice en chef)

Éditeur : Revue d'art contemporain ETC

ISSN : 0835-7641 (imprimé)  1923-3205 (numérique)

etc1073425
< PrécédentSuivant >

Abonnement requis!

L’accès à cet article est réservé aux abonnés. Toutes les archives des revues diffusées sur Érudit sont en accès libre (barrière mobile de 2 ou 3 ans). Pour plus d’information, consulter la page Abonnements et politique d’accès.

Connexion (abonné individuel)

Article

Entrevue avec Pascal Dufaux

Marie Perrault

Résumé | Extrait

Pascal Dufaux, Image échapée, autoportrait, 2010. Impression jet d’encre sur papier Fab; 170 x 127 cm. Photo: Pascal Dufaux. Entrevue avec Pascal Dufaux Depuis 2004, Pascal Dufaux a réalisé une série d’installations marquées par un savoir-faire technologique indéniable ainsi que par une réflexion sur la prolifération actuelle des images. Il s’agit notamment des installations photographiques Autour de vous et Alzheimer ainsi que des installations vidéo cinétiques Radiant ou L’origine du regard, Le Cosmos dans lequel nous sommes, et Fontaine dont une version a été présentée à Montréal, dans le cadre de la Biennale internationale d’art numérique, produite par Elektra au printemps 2012. Pascal Dufaux reprend ici des dispositifs techniques contemporains, notamment ceux d’appareils médicaux ou de systèmes de surveillance, pour révéler diverses facettes de leur visualité. Marie Perrault : Bien que marqué par une expérimentation quasi scientifique, ton travail antérieur portait davantage sur une exploration du matériau, qu’est-ce qui t’a amené à te tourner vers les dispositifs de la technologie ? Pascal Dufaux : J’ai toujours été intrigué par les automates. Un liquide soumis à la force gravitationnelle ou une boue séchant par évaporation sont aussi à mes yeux des automates. Leur forme finale correspond à des réactions machinales, provoquées par les qualités intrinsèques de la matière. Pour réaliser mes étranges oeuvres intitulées Itérations, je précipitais des coulées de plâtre dans un congélateur. Il me semblait alors laisser un objet se créer par lui-même. Derrière la simplicité du phénomène se dessine la complexité du réel. Aujourd’hui, mes machines de vision intensifient cette expérience et nous donnent à voir ce qui nous entoure avec un détachement semblable à celui d’une sonde spatiale scrutant une autre planète. Mes dispositifs technologiques se présentent donc comme des outils d’exploration, utilisés par un artiste vivant à Montréal en 2012 et s’inspirant des fabuleuses machines de la science. M. P. : La machine utilisée pour produire les clichés des installations Autour de vous et Alzheimer évoque les appareils d’imagerie médicale, ainsi que la structure d’amphithéâtre des facultés de médecine du XVIe siècle. Elle témoigne de la posture d’observation dont tu parles, mais les corps que tu représentes avec tant d’acuité constituent-ils l’essentiel de ton propos ? P. D. : Dans Autour de vous, de longs tirages horizontaux, représentant une rotation complète de la machine, se déploient au mur autour du spectateur. Le corps devient ici un paysage de chair. Il n’y a plus à proprement parler d’avant-plan et d’arrière-plan, ni de distinction entre le sujet représenté et le caractère de sa mise en représentation. Les images échappées, produites avec la machine au coeur de l’installation Le cosmos dans lequel nous sommes, affichent la trame de pixels de l’écran cathodique et les points lumineux caractéristiques des images transmises par une caméra de vidéosurveillance. Je m’intéresse à cette épaisseur que place la technologie entre le regardeur et le sujet qu’il regarde. Mes oeuvres présentent le réel à travers un épais hublot, exprimé ici par des moyens techniques divers. Tout dispositif, même très simple, agit sur la composition et la facture de l’image. Tout point de vue garde la trace des moyens physiques, électriques, biochimiques à l’origine de la vision. M. P. : Est-ce cette importance que tu accordes aux dispositifs qui t’a incité à intégrer à tes machines des miroirs ou des caméras, tournés vers les appareils que tu mets en oeuvre ? P. D. : Dès le départ, un miroir faisait partie du dessin du dispositif utilisé pour produire les installations photographiques Autour de vous et Alzheimer. En 2005, lorsque j’ai pensé à cette machine, j’ai eu l’idée d’un grand miroir courbe, éclairé par des tubes néon, ayant comme point focal la personne assise au centre. À l’exact opposé du miroir, là où l’image est stable, une caméra enregistre un panorama de la circonférence des personnes venues poser pour le projet.

Auteur : Marie Perrault
Titre : Entrevue avec Pascal Dufaux
Revue : ETC, Numéro 96, juin-octobre 2012, p. 47-49
URI : http://id.erudit.org/iderudit/67038ac

Tous droits réservés © Revue d'art contemporain ETC, 2012

À propos d'Érudit | Abonnements | RSS | Conditions d’utilisation | Pour nous joindre | Aide

Consortium Érudit ©  2016