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ETC

Numéro 96, juin-octobre 2012, p. 75-76

Du spirituel dans l’art

Direction : Isabelle Lelarge (directrice) et Céline Pereira (directrice adjointe)

Rédaction : Isabelle Lelarge (rédactrice en chef)

Éditeur : Revue d'art contemporain ETC

ISSN : 0835-7641 (imprimé)  1923-3205 (numérique)

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Article

Fréquences sensiblesEntretien avec Jean Voguet et Philippe Boisnard

Propos recueillis par

Valérie de Saint-Do

Résumé | Extrait

Fréquences sensibles Entretien avec Jean Voguet et Philippe Boisnard, réalisé par Valérie de Saint-Do L’aîné, Jean Voguet, est compositeur et interprète; issu du jazz, il s’est tourné depuis une dizaine d’années vers la composition acousmatique. Farouche opposant à l’industrie culturelle et à tous les conformismes musicaux, il laisse ses morceaux en libre accès sur le web. Il est aussi le fondateur du CRANE, laboratoire d’expérimentations artistiques pluridisciplinaire en Bourgogne, et partenaire français du réseau IC Zone. Le cadet, Philippe Boisnard, est poète, développeur venu du milieu de l’open source, et plasticien. Invité en mai 2011 en résidence au GRAVE à Victoriaville par Jocelyn Fiset, auquel le lie une longue complicité artistique, Jean Voguet y a présenté avec Philippe Boisnard des extraits de sa composition en devenir, l’Odyssée : une musique complexe dans sa texture et son rythme, interprétée en duo avec les compositions d’images de Philippe Boisnard. Ce dernier délaisse l’austérité qui caractérise trop souvent l’image numérique pour une orgie de matières organiques, paysages fragmentés et sans cesse recomposés. Et surtout, à l’opposé du noir et blanc qui caractérise souvent la production numérique, il ne se refuse rien dans la couleur : débauche de rouges profonds, de violets vibrants, apaisés par des nuances plus sourdes. Retour sur une osmose artistique qui vaut au spectateur d’écouter l’image et de voir le son. Valérie de Saint-Do: Quelle est la genèse de L’Odyssée, votre projet commun ? Philippe Boisnard : Nous nous sommes rencontrés par Internet, voici deux ans. Jean connaissait mes dispositifs d’écriture interactifs et m’a proposé de travailler avec lui. J’ai découvert sa musique avec grand plaisir et l’ai jugée très atypique dans le paysage musical actuel. Son projet initial était celui d’un quatuor scénique, avec danse, vidéo et peinture en mouvement, ce qui s’est finalement révélé impossible mais que nous déclinons en duo ou trios. Dans notre duo proposé au GRAVE, il s’agit de constituer un seul flux à partir de deux médiums, l’image et le son, de ne pas être dans la conjonction mais dans le dépliement. V. S.-D. : Est-ce que cela correspond également à une étape dans votre parcours de compositeur ? Jean Voguet : Toutes mes oeuvres sont à la fois ouvertes et fermées. Elles sont écrites, donc finies, et leur interprétation reste le seul champ ouvert, mais je les confronte à d’autres formes d’expression. Je voulais concerter cette musique avec du mouvement – danse et peinture in situ –, de l’écriture et des concepts numériques, dans des espaces scéniques renouvelés. Nous sommes encore en phase de recherche : l’écriture graphique de Philippe ne cesse d’évoluer. À terme, L’Odyssée doit se composer de dix-huit stations; c’est une errance dans les mondes virtuels, en référence à L’Odyssée d’Homère et Ulysse de Joyce, soit huit heures et demie de musique : une méta-oeuvre ! 1. V. S. D. : Philippe, Jean avait fait appel à vous pour un travail d’écriture qui s’est finalement mué en travail d’image. Comment cette évolution s’est-elle produite ? J’ai beaucoup publié, articles de philosophie, romans, poésie, j’ai participé à de multiples aventures de poésie expérimentale, mais en fait, je suis plasticien ! J’ai arrêté la peinture vers 1991, estimant que ce n’était plus mon médium. La question graphique reste pourtant très présente dans mon travail, au travers notamment des schémas. Mais mon travail a évolué vers la déformation d’ondes, de flux, de points. J’ai délaissé en partie l’écriture pour travailler la chromatique. Qu’est-ce qu’une chromatique à partir de la musique, et une intensité visuelle qui change vraiment en temps réel ? Grâce à la communauté open source dont je suis issu, j’ai pu me doter de l’outil qui me manquait pour la traduction des fréquences du son.

Auteur : Valérie de Saint-Do
Titre : Fréquences sensibles : entretien avec Jean Voguet et Philippe Boisnard
Revue : ETC, Numéro 96, juin-octobre 2012, p. 75-76
URI : http://id.erudit.org/iderudit/67046ac

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