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ETC

Numéro 94, octobre-novembre-décembre 2011, janvier 2012, p. 70-72

Nudité

Direction : Isabelle Lelarge (directrice) et Céline Pereira (directrice adjointe)

Rédaction : Isabelle Lelarge (rédactrice en chef)

Éditeur : Revue d'art contemporain ETC

ISSN : 0835-7641 (imprimé)  1923-3205 (numérique)

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Compte rendu

David Claerbout, Le temps qui reste, Wiels, Bruxelles. 19 février – 15 mai 2011

Maïté Vissault

Véronique Souben

Résumé | Extrait

Bruxelles Mise en exposition Le temps qui reste, David Claerbout David Claerbout, Le temps qui reste, Wiels, Bruxelles. 19 février – 15 mai 2011 Véronique Souben : Le Wiels vient de consacrer une importante rétrospective à l’artiste belge David Claerbout. Intitulée The Time that Remains, cette ambitieuse exposition rassemblait, pour la première fois en Belgique, un nombre significatif de ses films et installations vidéo. En raison même des problématiques d’ordre temporel qu’évoquent les films de l’artiste et le titre même du projet, cette exposition pose, selon moi, une question importante, inhérente à sa présentation. Dans quelle mesure la mise en espace de ces films, pensée selon une thématique temporelle et un mode scénographique proprement immersif, concourt-elle ou non à redéfinir ou réinterroger l’espace d’exposition ? Maïté Vissault : En effet, la scénographie de l’exposition est ici assumée comme une part de l’oeuvre. Réalisée par l’artiste et le commissaire d’exposition Dirk Snauwaert, elle se présente comme une chorégraphie d’image et définit une lecture simple mais précise de l’oeuvre : deux étages, l’un en blanc, l’autre en noir, les projections ont été pensées et agencées en fonction des conditions (dimensions, luminosité, connexions, parcours) offertes par le lieu, et chaque espace est doté d’une moquette épaisse qui contribue grandement à immerger le spectateur dans un rapport unique à l’oeuvre, puisque les bruits contingents sont presque éliminés. Extrêmement précise, l’oeuvre de Claerbout se construit sur une présence dominante de l’espace physique de l’image, mais aussi sur le suspendu et le presque rien. Si le dispositif peut paraître théâtral au premier abord, du fait notamment du fort contraste noir / blanc entre les deux étages, il offre néanmoins au spectateur les conditions optimales pour faire l’expérience exacte de chaque oeuvre et de l’oeuvre dans son ensemble (en cela, l’exposition de douze travaux mérite bien le titre de rétrospective). Dans cet univers feutré, ce n’est pas tant un travail précis sur l’image-temps et l’image-mouvement qui se révèle dans sa richesse, que celui sur la lumière et le son, ou leur absence : deux éléments déterminants qui justement composent et décomposent le temps – la narration – de l’image. Dès lors, Le temps qui reste concourt bien, à mon avis, à redéfinir l’espace d’exposition, car le dispositif n’est pas une mise en scène, mais il s’affirme en adéquation ostensible avec l’intelligence profonde de l’oeuvre. Il inclut l’espace de perception comme constitutif des tensions de l’image et s’oppose à une lecture probante : hétérogénéité des espaces et dispositifs, positions décalées, vision partielle, photographies exposées dans le noir, exploitation des recoins, etc. Par conséquent, l’exposition est ici plutôt conçue comme une installation1, le spectateur étant amené à en faire l’expérience, individuellement. À l’époque du display et de la spectacularisation de l’espace d’exposition, peu d’expositions arrivent à cette justesse par une économie de moyens et une élégance qu’il faut saluer. V. S. : Si l’exposition séduit par son ambiance enveloppante et ses films à l’esthétique recherchée, sa scénographie appuyée ouvre, selon moi, peu de nouvelles perspectives. À cet égard, l’opposition entre espace blanc du haut et espace noir du bas est révélatrice. Si ce parti-pris scénographique semble devoir livrer un sens (rapport négatif / positif, par exemple), tant le contraste paraît déterminant, force est de constater que le noir / blanc n’a ici d’autre but que d’immerger davantage le spectateur dans l’oeuvre. De ce fait, cette scénographie reste fidèle aux principes fusionnants et sacralisants du « white cube ». Dans le cas du Wiels, la mise en scène n’a ainsi pas d’autre fin que de renforcer le caractère contemplatif, méditatif ou « délectatif » de l’image en mouvement, qu’elle soit ralentie, en fondu enchaîné, arrêtée, scénarisée, etc., et affirme la fascination de l’artiste pour celle-ci.

Auteurs : Maïté Vissault et Véronique Souben
Ouvrage recensé : David Claerbout, Le temps qui reste, Wiels, Bruxelles. 19 février – 15 mai 2011
Revue : ETC, Numéro 94, octobre-novembre-décembre 2011, janvier 2012, p. 70-72
URI : http://id.erudit.org/iderudit/65187ac

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