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24 images

Numéro 159, octobre-novembre 2012, p. 33

Le film-essai ou l’oeil sauvage

Direction : Philippe Gajan (directeur)

Rédaction : Marie-Claude Loiselle (rédactrice en chef)

Éditeur : 24/30 I/S

ISSN : 0707-9389 (imprimé)  1923-5097 (numérique)

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Compte rendu

Dollhouse de Kirsten Sheridan

Serge Abiaad

Résumé | Extrait

Dollhouse de Kirsten Sheridan De jeunes délinquants envahissent, saccagent et démontent une maison moderne sur la côte irlandaise dans ce huis clos claustrophobe, au bord de l’éclatement. Dollhouse oscille entre l’émerveillement et le nihilisme d’une jeunesse exubérante et indestructible en butte à la confusion de ses propres sentiments. Le film abonde de vie et de vigueur, attentif à la composition des relations de jeunesse, à la fragilité de leur construction et de leur démantèlement. Dollhouse est une oeuvre sur les instincts conflictuels de l’admiration, de la jalousie et du mépris, qui voilent le regard des plus nantis sur les plus démunis. Lorsque les gamins désorientés découvrent que la maison appartient à Jeannie, une des leurs, leur confusion laisse place à un sentiment de trahison, puis de colère. Le statut social nouvellement acquis de la jeune fille ouvre ainsi la voie à des confrontations sectaires. Les six gamins de Dollhouse, intoxiqués et bouillonnant d’hormones semblent émerger d’une adaptation moderne de Lord of the Flies. Trouvant son équilibre entre Orange mécanique et Kids de Larry Clark, le film vacille entre la rébellion d’une classe défavorisée et l’évasion débridée. La destruction initiée par les jeunes rebelles se traduit par le refus de céder à la désaffection et au dénuement qui régissent leur vie, et pourtant ils se complaisent à jouer les rois et reines d’un soir. Kirsten Sheridan saisit vivement le dialecte et l’attitude de cette sous-culture particulière de la jeunesse irlandaise et il est évident qu’elle a soigneusement cartographié le flux et reflux des relations juvéniles ; Dollhouse met en valeur l’empressement instinctif avec lequel les allégeances se forment d’un côté et la dissolution subite de leur cohésion, de l’autre. Il n’est pas donné à tout cinéaste de créer un cadre dans lequel les moments d’affabilité et de compréhension côtoient des scènes de véritables tourmentes et de terreur rampante. Cette dichotomie filmée...

Auteur : Serge Abiaad
Ouvrage recensé : Dollhouse de Kirsten Sheridan
Revue : 24 images, Numéro 159, octobre-novembre 2012, p. 33
URI : http://id.erudit.org/iderudit/67810ac

Tous droits réservés © 24/30 I/S, 2012

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