Érudit - Promouvoir et diffuser la recherche
FrançaisEnglishEspañol
 

Recherche détaillée

.

24 images

Numéro 159, octobre-novembre 2012, p. 40-41

Le film-essai ou l’oeil sauvage

Direction : Philippe Gajan (directeur)

Rédaction : Marie-Claude Loiselle (rédactrice en chef)

Éditeur : 24/30 I/S

ISSN : 0707-9389 (imprimé)  1923-5097 (numérique)

images1058019
< PrécédentSuivant >

Abonnement requis!

L’accès à cet article est réservé aux abonnés. Toutes les archives des revues diffusées sur Érudit sont en accès libre (barrière mobile de 2 ou 3 ans). Pour plus d’information, consulter la page Abonnements et politique d’accès.

Connexion (abonné individuel)

Compte rendu

Philippe Grandrieux : la grâce déchueRétrospective

Serge Abiaad

Résumé | Extrait

Philippe Grandrieux : la grâce déchue* par Serge Abiaad Rétrospective Philippe Grandrieux fabrique des films qui palpitent, qui extraient les parcelles élémentaires d’un songe auxquel on ne saura échapper. Tel un fou tenant en main un bistouri, ses images nous poursuivent, bien après que les cils aient repris leur battement, que le coeur ait rattrapé sa cadence et que l’esprit ait conjuré ses démons. Sombre, La vie nouvelle, Un lac, Il se peut que la beauté ait renforcé notre résolution – Masao Adachi, White Epilepsy sont des objets qui vibrent dans un microcosme : la caméra tremble et vacille si violemment que les photogrammes semblent s’affranchir les uns des autres comme des particules subatomiques contraires. Les images du cinéaste glissent sur les bandes son construites autour d’éclats ambiants, synthétisés et non identifiables, aspirés puis expulsés, des bruits qui sous-tendent les récits et constituent leurs rythmes cardiaques perturbés, pour retomber finalement dans nos oreilles telle la résonance essoufflée d’un air languissant et funèbre. Art du corps dans l’espace, des corps entassés dans une intimité périlleuse, étouffante, ce cinéma de la cruauté repense l’alternative, l’altérité et l’altercation, remet à l’épreuve les notions de filmage, d’interaction et de confrontation. Se mesurer à un film de Grandrieux, c’est subir une décharge convulsive en contemplant une formation astrale. L’oeuvre d’un ange déchu, touché par la grâce. Les sujets des deux premiers longs métrages de Grandrieux – un tueur en série dans Sombre et le trafic sexuel dans La vie nouvelle – l’ont rapidement élevé au rang d’enfant terrible. Bien que la vision de l’artiste soit littéralement et figurativement noire, elle n’est jamais gratuite, mais procède plutôt comme l’extension d’une certaine idée de la fascination du corps à estomper la subjectivité dans les interstices entre l’ordre social et l’animalité. Le corps lui-même est radicalement reconfiguré non plus comme véhicule de...

Auteur : Serge Abiaad
Titre : Philippe Grandrieux : la grâce déchue : rétrospective
Revue : 24 images, Numéro 159, octobre-novembre 2012, p. 40-41
URI : http://id.erudit.org/iderudit/67825ac

Tous droits réservés © 24/30 I/S, 2012

À propos d'Érudit | Abonnements | RSS | Conditions d’utilisation | Pour nous joindre | Aide

Consortium Érudit ©  2014