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Numéro 159, octobre-novembre 2012, p. 49

Le film-essai ou l’oeil sauvage

Direction : Philippe Gajan (directeur)

Rédaction : Marie-Claude Loiselle (rédactrice en chef)

Éditeur : 24/30 I/S

ISSN : 0707-9389 (imprimé)  1923-5097 (numérique)

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Compte rendu

74 (La reconstitution d’une lutte) de Rania et Raed Rafei

Serge Abiaad

Résumé | Extrait

74 (La reconstitution d’une lutte) de Rania et Raed Rafei Mars 1974 : les étudiants grévistes de la prestigieuse Université américaine de Beyrouth dénoncent la hausse des frais de scolarité et de ce fait, le colonialisme culturel instauré par un système éducatif impérialiste. Entre-temps, les braises de la guerre civile libanaise s’animent et annoncent le naufrage d’une cohabitation religieuse fragile. Durant 37 jours, sept jeunes étudiants, représentant la colère et le désarroi des grévistes, occupent les bureaux du président de l’Université et débattent des enjeux à réévaluer, de la démocratie à redéfinir et des politiques à repenser. Rania et Raed Rafei prennent du recul sur leur printemps arabe pour réexaminer la situation actuelle à la lumière de cette période troublante de l’histoire du Liban qui fut pleine d’espoir, mais qui portait en elle le prélude d’une guerre programmée. La question sous-jacente qui constitue le film est d’ordre déontologique, philosophique et moral : Faut-il faire revivre le passé, le rappeler ou le reconstruire ? Comment aborder un sujet d’antan au moment même où il se réactualise ? Les questions sont cruciales, car les réponses sont décisives. La force du film n’est pas dans sa reconstitution d’une époque révolue, mais dans l’écho du passé qui résonne dans l’urgence et la prégnance du moment présent. Les protagonistes d’avant sont habités par leurs avatars contemporains : des activistes, des étudiants, une jeunesse déshéritée qui cherche l’espoir dans les catacombes laissées par une génération qui a choisi le fusil comme moyen et l’intolérance comme justificatifon En télescopant les entrevues actuelles d’un monde antérieur, les cinéastes attestent du refrain vicieux de l’Histoire ; le cinéma libanais fouille encore dans les décombres d’une mémoire bafouée, car le cinéma à lui seul ne peut commémorer un conflit : le cinéma ne pense pas, il n’est que pansement. Il revient aux hommes de soulager les plaies, les artistes suivent. 74...

Auteur : Serge Abiaad
Ouvrage recensé : 74 (La reconstitution d’une lutte) de Rania et Raed Rafei
Revue : 24 images, Numéro 159, octobre-novembre 2012, p. 49
URI : http://id.erudit.org/iderudit/67829ac

Tous droits réservés © 24/30 I/S, 2012

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