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24 images

Numéro 159, octobre-novembre 2012, p. 52

Le film-essai ou l’oeil sauvage

Direction : Philippe Gajan (directeur)

Rédaction : Marie-Claude Loiselle (rédactrice en chef)

Éditeur : 24/30 I/S

ISSN : 0707-9389 (imprimé)  1923-5097 (numérique)

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Compte rendu

Nessa de Loghman Khaledi

Serge Abiaad

Résumé | Extrait

Nessa de Loghman Khaledi Nessa rêve de devenir une actrice reconnue, métier et statut qui lui permettraient de maîtriser son destin. Toutefois, au regard conservateur de sa famille kurde de la ville de Kermanshah en Iran, son indépendance est synonyme de déshonneur. Son père, quoique dubitatif, semble admirer le désir d’autonomie de sa fille, alors que la fierté machiste de son frère le pousse à violenter sa soeur lorsque ses tentatives de contrôle échouent. Le film se dénoue au fil du lien révélateur mais impuissant entre l’oeil mécanique de la caméra et l’oeil tuméfié de Nessa. Dans cette foulée, il est moralement inévitable de se questionner sur l’amorce du film : le récit commence-t-il avec le coup fatidique ? Lors du tournage ? Vers sa fin ? Force d’un cinéma qui dévoile comme le dirait Kiarostami « les réalités simples, cachées derrière les réalités apparentes ». L’esprit scrutateur du réalisateur de Close-Up plane d’ailleurs sur ce portrait à la croisée du cinéma-vérité et de la fiction lorsque Loghman Khaledi se retrouve au centre du conflit familial. Nessa voit en son metteur en scène l’emblème de la liberté à laquelle elle aspire ; Khaledi devient malgré lui le reflet des inhibitions, rêves et espérances de son héroïne martyrisée. Pourtant, le désir de Nessa d’échapper aux contraintes imposées par sa société est rattrapé par la douloureuse conscience qu’elle ne peut traverser le miroir de ses songes sans rompre les liens familiaux. Le film sous-tend une question révélée de façon évidente par le sujet : l’islam, religion de l’invisible, est-il compatible avec le désir de visibilité, de dévoilement et de pulsion scopique qu’engendre le cinéma ? Salaam Cinema de Makhmalbaf avait abordé ce désir sans l’affronter réellement, alors que Loghman Khaledi aborde le sujet à travers les séquelles tragiques qu’encourt une aspiration réprimée, étouffée. Le cinéma ne juge pas, il filme les événements nous laissant arbitrer le conflit. – Serge...

Auteur : Serge Abiaad
Ouvrage recensé : Nessa de Loghman Khaledi
Revue : 24 images, Numéro 159, octobre-novembre 2012, p. 52
URI : http://id.erudit.org/iderudit/67835ac

Tous droits réservés © 24/30 I/S, 2012

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