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Jeu : revue de théâtre

Numéro 143 (2), 2012, p. 8

Planète marionnette

Sous la direction de Raymond Bertin

Direction : Christian Saint-Pierre (directeur)

Rédaction : Christian Saint-Pierre (rédacteur en chef)

Éditeur : Cahiers de théâtre Jeu inc.

ISSN : 0382-0335 (imprimé)  1923-2578 (numérique)

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Mon père…

Sabrina Baran

Résumé | Extrait

hommage Sabrina Baran Petr Baran dans la Ballade du plombier de Claire Voisard (l’Illusion, théâtre de marionnettes, 1996). © Robert Etcheverry. Mon père… Même pour moi, il était tout un personnage. Il avait le don de se faire remarquer et de marquer tous ceux qui croisaient son chemin. Il impressionnait souvent, mon grand colosse de père, mais pourtant il était si fragile et si sensible en dedans. Il nous en a fait vivre, des histoires, à moi et à ma soeur Stéphanie, sur scène comme dans la vie. Avec folie et humour, il transformait tout ce qui lui tombait sous la main en quelque chose de farfelu, de merveilleux, de vivant. Il nous a montré la force de l’imaginaire, et qu’il suffit de bien peu de chose pour que des univers entiers prennent vie sous nos yeux. Rien ne pouvait l’arrêter quand il racontait des histoires. Il avait vécu tant de péripéties abracadabrantes qu’il m’était parfois bien difficile d’y croire ; pourtant, avec le temps, la plupart m’ont été confirmées. Imaginez : il a déjà pêché une oreille, s’est planté une hache en pleine tête, pouvait nager des kilomètres et des kilomètres sans s’arrêter, a détourné une cargaison de charbon de l’armée tchèque, a séjourné à l’asile pour sauver sa peau après avoir tenu tête à un officier… Une chose est sûre : la vie était toujours un vrai spectacle avec lui. Ce grand nostalgique avait retrouvé sa Tchéquie natale qui lui manquait tant. Il vivait au coeur de la campagne morave. Sa maison ressemblait à un musée rempli de trésors étranges, collectionnés au fil des années. Les murs étaient peints, selon ses humeurs, de fresques de toutes couleurs. Les champignons, les cerisiers, les tilleuls, les limaces, les cerfs, les chasseurs, les bûcherons, même les cyclistes animaient le joli village de Kruzberk où il a fini ses jours. Le drapeau du Québec était hissé bien haut sur son toit, tout comme dans son coeur d’ailleurs. Ahoj Tatinkou....

Auteur : Sabrina Baran
Titre : Mon père…
Revue : Jeu : revue de théâtre, Numéro 143 (2), 2012, p. 8
URI : http://id.erudit.org/iderudit/66818ac

Tous droits réservés © Cahiers de théâtre Jeu inc., 2012

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