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Jeu : revue de théâtre

Numéro 143 (2), 2012, p. 22-23

Planète marionnette

Sous la direction de Raymond Bertin

Direction : Christian Saint-Pierre (directeur)

Rédaction : Christian Saint-Pierre (rédacteur en chef)

Éditeur : Cahiers de théâtre Jeu inc.

ISSN : 0382-0335 (imprimé)  1923-2578 (numérique)

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Compte rendu

Souvenirs de familleL’Oratorio de Noël

Jean Cléo Godin

Résumé | Extrait

regards critiques Jean Cléo Godin Cet oratorio de Noël n’est pas celui de Bach, malgré l’extrait musical qu’on nous fait entendre au début et à la fin de la représentation pour nous inciter à le croire. Noël, c’est plutôt le prénom du personnage principal, un neurochirurgien atteint de la maladie d’Alzheimer et, sans doute, proche de la mort. Le sujet est donc grave et pourrait évoquer un requiem plutôt qu’un oratorio qui, comme on le sait, est une sorte de cantate : rien de chantant dans ce drame qui, ironie du sort, touche un homme connaissant tout sur le fonctionnement du cerveau. Le décor, avec ses rangées de chaises derrière un rideau coulissant, est celui d’une chambre d’hôpital où sont réunis l’ex-épouse et les deux enfants du malade. Chacun de ces personnages (sauf Noël) est joué par trois comédiens, évoquant chacun un âge différent – sans doute pour bien marquer le fait que, la « mémoire proche » n’existant plus, ces patients retournent à des souvenirs plus ou moins lointains. Cette démultiplication des personnages fonctionnait admirablement dans Albertine, en cinq temps, mais on n’en voit vraiment pas la nécessité ici, où chacun des avatars tient à peu près le même discours : l’ex-épouse nous fait comprendre qu’elle a quitté Noël parce qu’il passait d’une maîtresse à l’autre, la fille Isabelle reproche à son père de ne pas lui avoir permis de s’épanouir dans sa vie d’artiste et le fils Jean-Sébastien, qui n’a rien d’un Bach, est devenu lui aussi neurochirurgien, mais s’est toujours senti rabaissé par son père. Dans sa publicité, la Compagnie Jean-Duceppe parle de cette pièce comme d’un « grand rendez-vous avec la Société Alzheimer », mais ce rendez-vous est raté, car après le premier quart d’heure les problèmes de mémoire de Noël passent au second plan pour faire place aux multiples et incessantes récriminations des autres membres de la famille. On se croirait chez Marcel Dubé (et pas du meilleur) en assistant à ce long règlement de comptes en famille, où même les rapports particulièrement acrimonieux entre père et fils et le sexisme d’un père macho envers sa fille rappellent Florence ou Bilan. Les moments drôles y sont appréciés, mais trop rares, alors que les silences sont nombreux, vides de sens. D’une nouvelle pièce de Michel Tremblay, comme d’une mise en scène de Serge Denoncourt, on voudrait ne pouvoir dire que du bien, mais ce serait mentir et faire injure à l’un et à l’autre. On voudrait aussi ne dire que du bien des comédiens, mais ce n’est guère possible non plus : Raymond Bouchard récite son texte d’une voix pâteuse et joue sans nuances. Autour de lui s’agitent les autres, ne sachant trop que faire en attendant leurs rares répliques. Seule Ginette Morin se démarque par la grande justesse de son jeu, par sa présence noble et sobre : pour elle seule, cette pièce méritait d’être vue. n L’Oratorio de Noël Texte Michel Tremblay / Mise en scène Serge Denoncourt, assisté de Suzanne Crocker Décor Guillaume Lord / Costumes François Barbeau / Éclairages Martin Labrecque Bande sonore Francis St-Arnaud / Accessoires : Normand Blais Avec Raymond Bouchard (Noël), Kim Despatis (Jacqueline 1), Jonathan Gallant (Jean-Sébastien 2), Maude Laurendeau (Isabelle 2), Pierre-François Legendre (Jean-Sébastien 3), Gabriel Lessard (Jean-Sébastien 1), Ginette Morin (Jacqueline 3), Marie-Chantal Perron (Isabelle 3), Meggie Proulx Lapierre (Isabelle 1) et Monique Spaziani (Jacqueline 2). Production de la Compagnie Jean-Duceppe, présentée au Théâtre Jean-Duceppe du 15 février au 24 mars 2012. Souvenirs de famille L’Oratorio de Noël de Michel Tremblay, mis en scène par Serge Denoncourt (Compagnie Jean-Duceppe, 2012). Sur la photo : Ginette Morin et Raymond Bouchard. © François Brunelle.

Auteur : Jean Cléo Godin
Titre : Souvenirs de famille
Ouvrage recensé : L’Oratorio de Noël
Revue : Jeu : revue de théâtre, Numéro 143 (2), 2012, p. 22-23
URI : http://id.erudit.org/iderudit/66823ac

Tous droits réservés © Cahiers de théâtre Jeu inc., 2012

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