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Jeu : revue de théâtre

Numéro 143 (2), 2012, p. 35-38

Planète marionnette

Sous la direction de Raymond Bertin

Direction : Christian Saint-Pierre (directeur)

Rédaction : Christian Saint-Pierre (rédacteur en chef)

Éditeur : Cahiers de théâtre Jeu inc.

ISSN : 0382-0335 (imprimé)  1923-2578 (numérique)

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Article

Le processus comme utopie artistique

Lorraine Pintal

Résumé | Extrait

enjeux Lorraine Pintal Afin de souligner le 60e anniversaire du Théâtre du Nouveau Monde et de rendre hommage aux fondateurs qui ont fait de Molière l’auteur fétiche de la maison, j’ai choisi de programmer l’École des femmes et d’en proposer la mise en scène à Yves Desgagnés, qui abordait ce répertoire pour la première fois. La saison anniversaire ayant été placée sous le signe des grandes et des petites histoires qui ont marqué l’existence du TNM, il semble que l’histoire d’Agnès et d’Arnolphe n’ait pas été racontée comme le souhaitait le dramaturge Olivier Choinière. Il a donc décidé de croiser le fer avec la production et la direction artistique du théâtre en créant Projet blanc, qui invitait un public restreint à entendre, en même temps réel que la dernière représentation, sa critique acerbe de la mise en scène d’Yves Desgagnés par le biais d’une bande-son diffusée dans les baladeurs numériques confiés à chaque spectateur. Si je me prête au jeu de l’époque de Molière et que je fais la critique de la critique de l’École des femmes, version Olivier Choinière, je ne suis pas certaine de trouver sa mise en scène si audacieuse. Molière au moins avait pris la plume et porté à la scène une autre pièce pour souffler au visage de ses détracteurs son verbe cuisant et décapant. Et de plus, il avait utilisé le rire : ce rire si intelligent, si libérateur qui invitait au respect et à l’admiration. Pour Projet blanc, la mise en abyme d’Olivier Choinière pousse sur un terrain de mensonge et d’anonymat. En effet, Olivier Choinière ou quelqu’un d’autre de sa compagnie s’est métamorphosé en professeur désireux d’initier un groupe d’élèves au théâtre de répertoire. Lui ou quelqu’un d’autre a réservé les 80 sièges du paradis du TNM, a vendu les places deux fois plus cher (40 $ au lieu de 21,25 $), a exigé de ses spectateurs qu’ils passent inaperçus en évitant de se tenir en groupe, qu’ils cachent leurs audioguides et suivent sa voix de meneur de foule qui les dirigeait...

Auteur : Lorraine Pintal
Titre : Le processus comme utopie artistique
Revue : Jeu : revue de théâtre, Numéro 143 (2), 2012, p. 35-38
URI : http://id.erudit.org/iderudit/66827ac

Tous droits réservés © Cahiers de théâtre Jeu inc., 2012

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