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Jeu : revue de théâtre

Numéro 143 (2), 2012, p. 46-48

Planète marionnette

Sous la direction de Raymond Bertin

Direction : Christian Saint-Pierre (directeur)

Rédaction : Christian Saint-Pierre (rédacteur en chef)

Éditeur : Cahiers de théâtre Jeu inc.

ISSN : 0382-0335 (imprimé)  1923-2578 (numérique)

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Compte rendu

Faire mourir d’amourComment tuer Shakespeare

Michel Vaïs

Résumé | Extrait

enjeux Michel Vaïs La seule illustration du livre est à la page 181. Il s’agit d’un portrait, d’après un daguerréotype, de Delia Bacon, datant de 1853 : bourgeoise au regard déterminé, le sourire énigmatique, le visage encerclé d’un bonnet à rubans et les mains nonchalamment posées sur des vêtements chamarrés. Ce dernier chapitre de la troisième partie (sur quatre), intitulé « Une traduction de la Nuit des rois », est d’ailleurs le plus passionnant du volume. C’est que Delia Bacon, née dans un village de l’Ohio, s’est imaginée être la descendante directe de Francis Bacon, et était persuadée que c’est son illustre ancêtre qui avait écrit l’oeuvre entier signé Shakespeare. D’autres ont pensé que le véritable auteur était Ben Jonson, Christopher Marlowe, Mary Sidney ou Edward de Vere (thèse dont traite le film Anonymous, tout en prétendant qu’il s’agit d’une « pure fiction »), pour ne nommer que ceux-là. Le dernier chercheur à ce jour – le seul vraiment crédible à mon avis – étant le Montréalais Lamberto Tassinari, qui attribue la paternité de l’oeuvre à John Florio1. Chaurette a trouvé l’histoire de la vie étonnante de Delia Bacon dans Contested Will: Who Wrote Shakespeare? de James Shapiro (Simon & Schuster, 2010) et dans Shakespeare, the World as a Stage de Bill Bryson (Londres, Harper Press, 2007). Il a cependant emprunté les dialogues et d’autres éléments à sa propre traduction de la Nuit des rois. Cela lui permet de brosser un portrait, très vivant, d’une « reine de tendresse » venant d’une famille modeste, devenue professeure et chercheure, qui a lutté toute sa vie pour finalement mourir « dans un asile où l’on rapporte qu’elle se prenait pour le Saint-Esprit » (p. 194). Il est aujourd’hui admis que Francis Bacon n’a pas pu écrire les pièces de Shakespeare, et que Delia n’est probablement pas sa descendante. Il n’empêche que, malgré une vie tourmentée, notamment sur le plan sentimental, cette femme d’une intelligence rare a planché sans relâche sur les...

Auteur : Michel Vaïs
Titre : Faire mourir d’amour
Ouvrage recensé : Comment tuer Shakespeare
Revue : Jeu : revue de théâtre, Numéro 143 (2), 2012, p. 46-48
URI : http://id.erudit.org/iderudit/66830ac

Tous droits réservés © Cahiers de théâtre Jeu inc., 2012

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