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Jeu : revue de théâtre

Numéro 143 (2), 2012, p. 70-77

Planète marionnette

Sous la direction de Raymond Bertin

Direction : Christian Saint-Pierre (directeur)

Rédaction : Christian Saint-Pierre (rédacteur en chef)

Éditeur : Cahiers de théâtre Jeu inc.

ISSN : 0382-0335 (imprimé)  1923-2578 (numérique)

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Article

Le monde au bout des doigtsEntretien avec Jacques Trudeau

Raymond Bertin

Résumé | Extrait

dossier Planète marionnette Raymond Bertin Le monde au bout des doigts Entretien avec Jacques Trudeau Même dans ses plus beaux rêves de jeune homme, au tournant des années 70, alors qu’il débutait comme artiste de la scène, Jacques Trudeau n’avait pas imaginé qu’il serait un jour secrétaire général de l’Union internationale de la marionnette (UNIMA), qu’il dirigerait un festival de théâtre de marionnettes à Barcelone et qu’il voyagerait sur les cinq continents à longueur d’année. Véritable citoyen du monde, ce Montréalais, au moment où je l’ai rencontré début janvier, revenait de Finlande et d’Azerbaïdjan, en passant par le Portugal et la France, où il a son bureau à Charleville-Mézières, haut lieu mondial de la marionnette ; peu avant, il était en Russie (à Saint-Pétersbourg et en Sibérie), puis en Iran, et serait bientôt à Chengdu, en Chine, avant de se rendre en Afrique à cet été. Sa passion des voyages et des rencontres passe par le prisme des arts de la marionnette, dont il fréquente tous les événements d’envergure : « Il y a, à travers le monde, plus de 500 festivals de marionnettes affiliés à l’UNIMA, ce qui veut dire qu’il y en a peut-être 700 ou 800 en tout. Surtout en Europe où la marionnette a connu un développement accéléré au cours du dernier siècle, principalement grâce à l’influence du grand marionnettiste russe Sergei Obraztsov, mais les gens connaissent assez peu ce qui se fait ici, au Canada. Le fait que je sois québécois, et d’Amérique du Nord, intrigue beaucoup, et on me demande souvent de recommander des artistes », note-t-il, avant d’enchaîner : « On pourrait penser que la marionnette est un médium qui a fait son temps, mais au contraire, c’est la forme d’art qui s’adapte le mieux aux nouvelles technologies et, avec l’interpénétration des arts, danse, cirque ou arts visuels, la marionnette, qui touche à tout ça, se transforme et innove constamment. » Ah ! les voyages… Le parcours de Jacques Trudeau s’amorce comme danseur et comédien avec l’Arabesque, une compagnie de Longueuil, qui faisait du théâtre pour adultes comme du théâtre pour enfants – une rareté à l’époque ! Il y côtoie Serge Marois, Monique Rioux, qui a cofondé la Marmaille, et Marcel Sabourin, qui, de retour de Paris où il a étudié chez Jacques Lecoq, forme les jeunes élèves de l’externat classique de Longueuil où il étudie. Ces pionniers représentent leur pays à Berlin, font l’un des premiers stages franco-québécois, rencontrant à Paris Étienne Decroux, Jean-Louis Barrault et Madeleine Robinson : « Quand j’y repense, je me dis : c’est incroyable, la chance qu’on a eue ! On a été les premiers à faire des tournées au Québec, en 1968-1969 ; ç’a été pour moi une école extraordinaire, car je n’ai jamais fréquenté une école de théâtre, c’est seulement à l’âge de 40 ans que j’ai fait des études de bac et de maîtrise en théâtre à l’UQAM », avoue-t-il. La marionnette est entrée dans sa vie grâce à André Viens, fondateur, en 1971, du Théâtre Sans Fil (TSF), avec d’autres étudiants de l’Université du Québec à Montréal sur qui les cours de Pierre Régimbald avait fait forte impression : « Il enseignait différentes formes de marionnettes, et avait fait voir une vidéo sur le bunraku, ce type de théâtre japonais très sophistiqué utilisant des marionnettes de grande taille, les étudiants avaient été impressionnés et ont voulu s’en inspirer. J’ai joint la compagnie en 1972, et on a monté un spectacle de marionnettes géantes, destiné aux adultes, ce qui en soi constituait deux premières au Québec ! » Le travail de tout le corps impliqué dans le maniement des marionnettes géantes fut inspirant pour le danseur : « J’ai tout de suite été subjugué par ce médium, et moi qui ai toujours aimé voyager, comme on tenait quelque chose d’unique, je m’étais dit qu’il fallait présenter ça partout.

Auteur : Raymond Bertin
Titre : Le monde au bout des doigts : entretien avec Jacques Trudeau
Revue : Jeu : revue de théâtre, Numéro 143 (2), 2012, p. 70-77
URI : http://id.erudit.org/iderudit/66834ac

Tous droits réservés © Cahiers de théâtre Jeu inc., 2012

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