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Jeu : revue de théâtre

Numéro 143 (2), 2012, p. 126-131

Planète marionnette

Sous la direction de Raymond Bertin

Direction : Christian Saint-Pierre (directeur)

Rédaction : Christian Saint-Pierre (rédacteur en chef)

Éditeur : Cahiers de théâtre Jeu inc.

ISSN : 0382-0335 (imprimé)  1923-2578 (numérique)

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Article

L’objet, le savoir, la passation

Myriame Larose

Résumé | Extrait

dossier Planète marionnette Myriame Larose L’objet, le savoir, la passation 1. Félix Leclerc a été un des donateurs importants du Musée historique de l’Île-Perrot devenu le Musée régional de Vaudreuil-Soulanges. J’ai grandi dans un musée (celui de Félix1, le Musée régional de Vaudreuil-Soulanges), j’ai passé des heures à respirer l’odeur du tabac mélangé à celle du bran de scie en jouant dans les ateliers de mes grands-pères ; je suis entourée de femmes pour qui le sens du sacré se déploie à travers les gestes du quotidien. Je suis marionnettiste. J’anime des objets, je les charge, je les transforme et leur donne vie. Je porte en moi cet héritage où le rituel rencontre une mémoire, une parole, un souvenir, une histoire. Et, même si à l’origine ce métier n’était pas « prédestiné au partage » et se transmettait d’un groupe restreint à un autre, il est à présent accessible à tous ceux et celles qui sont prêts à s’armer de patience pour s’y initier. C’est un art qui s’acquiert lentement, qui se découvre. Bien sûr, il existe autant de façons de concevoir cette profession qu’il y a d’artistes créateurs et, aujourd’hui, malgré l’éclatement du castelet, le décloisonnement des techniques, le partage des connaissances, le rituel demeure et se transmet. Je suis une apprentie, mon devoir est de connaître ce qui m’a précédée, de chérir mon héritage, de tendre l’oreille, la main, de prendre. L’objet : sens du sacré, du rituel, du geste La marionnette. J’en avais peur. Non pas à cause de l’image infantilisante qu’on s’en fait trop souvent, mais des exigences que je lui pressentais. Comment traduire cette énergie, ces mots, cette fougue qui m’anime dans un si petit objet… dans une seule main ? Comment garder un certain contrôle sur le personnage alors qu’il est devant moi, extérieur à moi ? Comment offrir au spectateur une intériorité qui n’est pas l’affaire d’un corps mais de deux ? Pourtant, la marionnette est arrivée à point nommé dans mon parcours. À mi-chemin entre le théâtre et la danse, elle possède un langage qui lui est propre, et la compréhension du personnage (du moins, celle que je m’en fais) passe largement par la corporalité. C’est donc en janvier 2004, à l’occasion du cours « Marionnette expérimentale » donné par Marthe Adam à l’UQAM, que j’ai découvert cet « outil », cet allié de la parole, de l’écriture théâtrale. La marionnette s’est greffée naturellement à ma pratique, et sa présence dans un projet me le rendait plus intéressant, plus inspirant qu’un autre où elle ne se trouvait pas. Le savoir : l’expérience du vocabulaire Je suis entrée au DESS (Diplôme d’études supérieures spécialisées) en Théâtre de marionnettes contemporain avec la volonté de fouiller certains axes de mise en scène. Je désirais définir le rapport des corps à l’espace en « jouant » avec les fonctions théâtrales de la marionnette et de l’acteur-manipulateur. Ç’a été une fabuleuse expérience ! Le DESS, c’est un catalyseur, un incubateur, une occasion de nous regarder, de nous connaître, de nous remettre en question. C’est un programme de perfectionnement qui vise à former des artistes créateurs dont la pratique est magnifiée par la marionnette. Dans ma cohorte, il y avait des acteurs, des scénographes, une ébéniste, des dramaturges, des autodidactes, etc. Cette pluralité des parcours nous a permis de nous ouvrir à différentes manières de porter la marionnette à la scène. La première fois que tout ce beau monde a eu à préparer et à présenter une maquette de décor « à l’échelle », dans le cours de Patrick Martel, une évidence est apparue : il est impératif pour les « travailleurs de la marionnette » de saisir l’importance de chacun des métiers qui y sont reliés puisque ce médium se construit principalement par la matière et le mouvement.

Auteur : Myriame Larose
Titre : L’objet, le savoir, la passation
Revue : Jeu : revue de théâtre, Numéro 143 (2), 2012, p. 126-131
URI : http://id.erudit.org/iderudit/66842ac

Tous droits réservés © Cahiers de théâtre Jeu inc., 2012

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