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Jeu : revue de théâtre

Numéro 143 (2), 2012, p. 132-137

Planète marionnette

Sous la direction de Raymond Bertin

Direction : Christian Saint-Pierre (directeur)

Rédaction : Christian Saint-Pierre (rédacteur en chef)

Éditeur : Cahiers de théâtre Jeu inc.

ISSN : 0382-0335 (imprimé)  1923-2578 (numérique)

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Article

La petite histoire d’un castelet électronique qui deviendra grand

Philippe Couture

Résumé | Extrait

dossier Planète marionnette Philippe Couture La petite histoire d’un castelet électronique qui deviendra grand Il faut arpenter en zigzag sur quelques étages un plancher en pente avant d’accéder au LANTISS, le tout nouveau Laboratoire des nouvelles technologies de l’image, du son et de la scène de l’Université Laval. Une lente ascension pour visiter enfin ce lieu à propos duquel la rumeur s’emballe. D’une superficie de 2 500 pieds carrés, le centre de recherche et de création fait rêver les chercheurs en arts de la scène qui caressent toutes sortes de projets ambitieux. Les artistes le reluquent aussi : le centre d’art Avatar de Méduse et la compagnie Ex Machina de Robert Lepage s’y sont notamment associés. Le LANTISS est rempli de promesses. Les marionnettistes ne sont pas en reste. Depuis 2008, alors que les chercheurs du LANTISS ouvraient leurs portes au public pour présenter une première version d’un spectacle inspiré des voyages de Tchekhov, on n’ignore plus l’existence du castelet électronique, cette petite scène robotisée qui tantôt sert de maquette vivante pour faciliter le travail de conception d’un spectacle, tantôt devient une scène miniature où présenter des spectacles de petites marionnettes en explorant toutes sortes de possibilités technologiques. Jusqu’à maintenant, l’équipe a surtout concentré ses recherches sur la lumière, développant une technologie d’éclairage par miniprojecteurs LED ou par projection vidéo (grâce à l’apport d’un jeune créateur de l’équipe, Keven Dubois). Sur le castelet, les avatars technologiques se mélangent parfois aux marionnettes, mais qu’elles soient virtuelles ou réelles, les figures qui s’animent sur le plateau sont toujours ancrées dans le mouvement humain. La manipulation par un marionnettiste est réalisée en direct sur les côtés de la scène ou préenregistrée en vidéo (dans le cas des personnages virtuels). Le castelet puise donc dans la tradition marionnettique, jonglant avec divers types de manipulation pour les réincarner ou les réinventer à l’aide des technologies d’éclairage, de projection vidéo et de robotisation (le plateau est compartimenté pour permettre des réaménagements constants de l’espace architecturé). D’abord un outil de travail Robert Faguy, directeur du LANTISS, explique que le castelet est d’abord un support physique pouvant reconstituer l’espace scénique à échelle réduite : « L’idée est de permettre à un metteur en scène de jouir d’une première étape d’expérimentation scénique sans les acteurs, avant que commence vraiment le travail de répétition. Le castelet permet de réfléchir à des scénarios de mise en place et de faire bouger la scénographie, puis d’en conserver un enregistrement. » Il existe déjà, bien sûr, des logiciels permettant de faire ce travail de mise en place devant son écran d’ordinateur. Mais la mise en scène doit idéalement être pensée selon un rapport concret à l’espace, et c’est ce que le castelet offre : un espace tangible d’expérimentation, à petite échelle. « Au Québec, dit Robert Faguy, on a peu de temps de répétition, et ça pourrait être un outil formidable. Ça permet aussi des expérimentations technologiques difficiles à réaliser sur un grand plateau. Éventuellement, d’importantes innovations technologiques pourraient naître à partir des prototypes testés sur notre castelet. » Des exemples ? Dans ses expérimentations avec la lumière par projection vidéo, l’équipe du LANTISS a atteint une rare précision dans le découpage de l’éclairage, qui serait très coûteuse et complexe à réaliser sur une scène de dimension régulière. Robert Faguy est enthousiaste : « On fait de l’éclairage animé, littéralement, et ça nous permet de dessiner l’image dans l’espace. Pour moi, c’est un nouveau paradigme, que je trouve absolument fascinant. » Faguy et son équipe sont en quelque sorte en train de réaliser le rêve du scénographe tchèque Josef Svoboda, qui débutait souvent son travail sur des maquettes : « Il travaillait ses mises en scène et ses scénographies avec des prototypes animés, sur de petites scènes avec des éclairages à l’avenant.

Auteur : Philippe Couture
Titre : La petite histoire d’un castelet électronique qui deviendra grand
Revue : Jeu : revue de théâtre, Numéro 143 (2), 2012, p. 132-137
URI : http://id.erudit.org/iderudit/66843ac

Tous droits réservés © Cahiers de théâtre Jeu inc., 2012

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