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Jeu : revue de théâtre

Numéro 143 (2), 2012, p. 162-164

Planète marionnette

Sous la direction de Raymond Bertin

Direction : Christian Saint-Pierre (directeur)

Rédaction : Christian Saint-Pierre (rédacteur en chef)

Éditeur : Cahiers de théâtre Jeu inc.

ISSN : 0382-0335 (imprimé)  1923-2578 (numérique)

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Compte rendu

Regards éclairants sur le théâtre au Canada françaisÉcrits sur le théâtre canadien-français. Études suivies d’une anthologie (1900-1950)

Louise Vigeant

Résumé | Extrait

mémoire Louise Vigeant Une histoire globale du théâtre au Québec reste à écrire. Mais pour savoir ce qui se passait sur les scènes montréalaises de 1900 à 1950 – et ce qu’on en disait –, on puisera désormais dans ces Écrits sur le théâtre canadien-français. Études suivies d’une anthologie. On apprendra alors dans quel terreau est né le théâtre québécois. Pour comprendre en quoi notre théâtre est bien d’ici et non d’ailleurs, rien ne vaut une bonne connaissance de l’évolution de sa pratique. Car, on le sait, l’art (ce drôle de message encodé dans une forme toujours singulière) est indissociable du contexte qui l’a vu naître. Bref, Michel Tremblay n’aurait pu écrire les Belles-Soeurs ni au XIXe siècle… ni en France ! En lisant certains passages de ces Écrits sur le théâtre canadien-français, on ne peut, en effet, s’empêcher de remarquer à quel point la réception de cette pièce en particulier était conditionnée par une certaine idée, pour ne pas dire une idée certaine, de ce que devait être l’art à une époque pas si lointaine. Si le scandale a éclaté en 1968, c’est que l’oeuvre de Michel Tremblay allait à l’encontre de cette notion que l’élite avait mis des décennies à construire, à savoir que le théâtre était un outil pédagogique et moralisateur. Comment ne pas penser au clivage entre le réalisme de cette pièce et la conception « élevée » de l’art dramatique que plusieurs nourrissaient, après avoir été abreuvés de propos tels ceux-ci : « La plupart d’entre nous connaissons mal notre langue, et surtout nous parlons avec un accent tout à fait défectueux, le théâtre où nous entendons des artistes français est une excellente école pour apprendre à mieux parler notre langue et à nous corriger de nos défauts de prononciation. Nous apprenons aussi en écoutant les pièces aussi spirituelles et si élégantes des grands auteurs français, tels que Sardou, Pailleron, Meilhac, Augier, Dumas, et combien d’autres, à aimer les choses de l’esprit, à mettre plus de délicatesse et de gentilhommerie dans nos manières et dans nos rapports sociaux1. » C’est ainsi qu’Arsène Bessette, en 1903, voulait encourager la fréquentation du théâtre français. Il ne viendrait à l’esprit de personne, aujourd’hui, de poser le dialogue théâtral comme modèle ! Il faut cependant ajouter que cette intervention avait aussi pour but de mettre de l’avant le théâtre français alors que le public s’était entiché de théâtre américain, fait de « bouffonneries grotesques2 », selon lui. Ces Écrits sur le théâtre canadien-français sont une mine d’informations. Dirigé par Gilbert David, qui y signe un article d’ouverture éclairant, l’ouvrage comporte deux parties complémentaires : d’abord des études portant sur des écrits journalistiques et des textes de praticiens, genres habituellement jugés « secondaires », puis une anthologie de tels textes parus entre 1899 et 19503. Yves Jubinville, Hervé Guay, Maggie Dubé, Sylvano Santini, Lucie Courchesne et Sylvain Schryburt signent de courts essais s’intéressant aux textes accompagnateurs de la pratique théâtrale, qu’ils soient programmatiques4 ou les ancêtres de la critique dramatique dans la presse quotidienne et hebdomadaire, ou encore dans différents périodiques5. Les approches se ressemblent comme les constats ; aussi l’ensemble réussit-il à montrer comment « ce qui s’écrit en synchronie sur le théâtre agit non seulement comme une caisse de résonance, mais aussi et surtout comme un lieu révélateur des enjeux socio-esthétiques qui animent la société elle-même6 ». Ces analyses contribuent indéniablement à une meilleure connaissance de la période particulière marquée par la pensée chrétienne. Les plus vieux liront sans surprise que l’Église condamnait le théâtre comme lieu de licence. Les plus jeunes seront plus étonnés de constater que certains profitaient de leur tribune pour prodiguer conseils et mises garde : « J’éprouverais un certain chagrin, écrit Eugène Lasalle, à dire franchement et plus longuement tout ce que je sais ; un élémentaire respect humain m’oblige à me contenter de glisser seulement sur les dangers pour [les comédiennes] de la carrière théâtrale et sur ses funestes conséquences.

Auteur : Louise Vigeant
Titre : Regards éclairants sur le théâtre au Canada français
Ouvrage recensé : Écrits sur le théâtre canadien-français. Études suivies d’une anthologie (1900-1950)
Revue : Jeu : revue de théâtre, Numéro 143 (2), 2012, p. 162-164
URI : http://id.erudit.org/iderudit/66849ac

Tous droits réservés © Cahiers de théâtre Jeu inc., 2012

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