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Liberté

Volume 53, numéro 4 (296), juin 2012, p. 77-83

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Direction : Ivan Carel (directeur administratif)

Rédaction : Pierre Lefebvre (rédacteur en chef)

Éditeur : Collectif Liberté

ISSN : 0024-2020 (imprimé)  1923-0915 (numérique)

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Article

Les trois ironies dans Une méthode dangereuse de David Cronenberg

Robert Richard

Résumé | Extrait

77 HORS DOSSIER LES TROIS IRONIES DANS UNE MÉTHODE DANGEREUSE DE DAV ID CRON EN BERG I Du formidable coup de gong freudien, à savoir que le sexe est là pour rester et qu’à cause de cela tous vivront leur époque « à l’aveuglette, dans la rage, la peur et l’enthousiasme 1 », eh bien, de ce coup de gong, Cronenberg a fait un film. Il vous entasse, sur un même plateau, trois briseurs de vitres : Freud, Jung et Sabina Spielrein. Puis, il tourne la manivelle et, avec une magnifique insolence, vous fait du cinéma de papa, costumes d’époque et barbichettes, tout en vous laissant deviner, sous le carton-pâte, les charniers dont le e siècle avait le secret. Freud, Jung et la belle et juive Spielrein — sorte de ménage à trois, mais pas du genre Jules et Jim, ces bobos à Truaut, car les protagonistes de Cronenberg, eux, théorisent plein gaz, s’arontent autour d’un vilain dilemme déontologique et se tapent une lutte hégélienne pour la reconnaissance — tout ça, avec, à la clé, la ques- tion juive / aryenne. Du sacré boulot, pour deux heures de cinoche ! Allez hop, un peu d’ordre dans tout cela. Allons-y des trois ironies sur lesquelles roule tout doucement le film : ironie sur la chose du sexe ; ironie sur le bon et le méchant ; ironie sur l’avenir et le passé. Pour la scène inaugurale — où l’on voit Sabina en train de faire son cinéma —, c’est la filmographie de série au grand complet que Cronenberg a pillée pour nous. On l’amène de force, la Sabina, dans 1. Jean-Paul Sartre, « Écrire pour son époque », Le Monde, dimanche 16 avril 2000. Le texte de Sartre avait paru dans la revue Die Umschau, en septembre 1946. 85003 001-118.pdf_out 6/6/12 2:03 PM K 77 78 une calèche, qui file à tout rompre. Destination : un asile pour aliénés aux environs de Zurich (on est en août 1904). Elle hurle et elle pleure dans la cabine, derrière les vitres embuées qu’elle égratigne de ses ongles, coups de mâchoire simiesque à l’appui. Du Charcot en direct, quoi ! Une fois...

Auteur : Robert Richard
Titre : Les trois ironies dans Une méthode dangereuse de David Cronenberg
Revue : Liberté, Volume 53, numéro 4 (296), juin 2012, p. 77-83
URI : http://id.erudit.org/iderudit/66863ac

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