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Lurelu

Volume 34, numéro 2, automne 2011, p. 9-10

Direction : Daniel Sernine (directeur)

Rédaction : Ginette Landreville (rédactrice adjointe)

Éditeur : Association Lurelu

ISSN : 0705-6567 (imprimé)  1923-2330 (numérique)

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Article

Denis Côté et la mémoire de Ferron

Marie Fradette

Résumé | Extrait

Arrivée plus tôt que prévu au Salon du livre de Québec, où je dois rencontrer Denis Côté, j’en profite pour regarder les parutions de Planète rebelle. Je ne reste pas seule très longtemps puisque Marie-Fleurette Beaudoin, l’éditrice, s’avance vers moi et s’occupe de m’entretenir un moment. Les yeux pétillants, elle me parle du conte, de l’oralité et, bien sûr, du travail magnifique qui a été fait sur L’amélanchier. Elle me parle aussi de cette première dans le monde de l’édition québécoise : encore personne n’avait adapté pour enfants un classique littéraire québécois, contrairement aux Français qui nagent dans ces eaux depuis longtemps. Mais voilà que Denis Côté a proposé l’idée à Planète rebelle. L’univers merveilleux de Tinamer de Portanqueu allait s’ouvrir à nous. Du Côté de Ferron Il faut savoir que le projet imaginé par Côté est né d’une admiration qu’il avait pour Ferron. «La première fois que j’ai entendu parler de Jacques Ferron, j’avais seize ou dix-sept ans. C’était aux Beaux Dimanches de Radio-Canada, il y avait une émission spéciale sur lui. Ça m’a intéressé et, très vite, j’ai été séduit par lui. Par la qualité de la langue qu’il employait, mais aussi par la force de ses propos. Ç’a été mon premier contact. Ensuite, à l’université, j’ai eu à le lire. L’amélanchier est sans doute le premier de ses livres que j’ai lus. Cette oeuvre m’a tout de suite plu et émerveillé; des sentiments que j’ai ressentis à chaque fois que je l’ai relu, même ces dernières années.» L’idée de travailler avec l’oeuvre de Ferron, et particulièrement avec L’amélanchier, s’est imposée d’elle-même. Elle était là, latente, depuis longtemps. Côté ne savait pas exactement ce qu’il voulait faire avec, mais l’idée d’un livre planait. Il savait aussi qu’en s’attaquant à un projet comme celui-là, il touchait à de l’intouchable, mais en même temps, il trouvait important de faire revivre ce Ferron immense qui n’a malheureusement aujourd’hui qu’un lectorat restreint. Qui lit encore Jacques Ferron, sinon quelques étudiants ou poètes épars? «Plus personne ne lit Ferron alors, tiens, je vous le rends accessible», raconte Côté. En adaptant ce texte, il permet non seulement aux enfants d’accéder à cet univers, mais aussi aux parents d’y replonger ou carrément de découvrir le monde merveilleux de cet auteur. Le projet de Côté tient beaucoup à cette visibilité, à cette reconnaissance, à cette survivance, à cette mémoire de Ferron. Avant que le projet ne prenne forme, Côté s’est adressé à quelques éditeurs qui n’ont pas voulu embarquer dans le projet. Agacé par ces refus et n’ayant pas l’intention de cogner à toutes les portes, il pense soudainement à Planète rebelle. Marie-Fleurette Beaudoin l’accueille avec enthousiasme. Pour elle, un bon conte doit pouvoir se lire à voix haute. Le conte, c’est d’abord l’oralité. Elle dit recevoir beaucoup de textes, de poèmes, qui malheureusement n’ont pas la même portée à l’écrit qu’à l’oral. Pour elle, si une histoire ne peut être racontée oralement, aussi belle qu’elle puisse être, on ne peut l’endisquer. Il faut que ça coule, que ça se lise bien tout haut. Le texte de Côté se laissait lire et entendre avec beaucoup d’aisance. En plus, l’auteur jeunesse offrait là un ouvrage exceptionnel, du jamais-vu. Mais, avant d’en arriver là, le travail d’adaptation n’a pas été chose facile. Côté a d’abord lu et relu le roman de Ferron. «Ça m’a pris plusieurs lectures avant que je comprenne ce livre. Ferron n’est pas facile à saisir. C’est très littéraire. Ce n’est pas écrit de manière journalistique. C’est un roman qui va dans toutes sortes de directions, mais il n’y a rien d’inutile. Quand j’ai décidé de réaliser une adaptation, il a fallu que je fasse des choix dans les propos de Ferron.

Auteur : Marie Fradette
Titre : Denis Côté et la mémoire de Ferron
Revue : Lurelu, Volume 34, numéro 2, automne 2011, p. 9-10
URI : http://id.erudit.org/iderudit/64724ac

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