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Moebius : écritures / littérature

Numéro 132, février 2012, p. 21-24

Passer l’hiver

Sous la direction de Lysanne Langevin

Direction : Lucie Bélanger (directrice), Nicole Décarie (directrice), Robert Giroux (directeur), Lysanne Langevin (directrice) et Raymond Martin (directeur)

Éditeur : Éditions Triptyque

ISSN : 0225-1582 (imprimé)  1920-9363 (numérique)

moebius1006620
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Article

L’hiver, c’était l’être disparu ou l’être pas assez

Jean-Marc Desgent

Résumé | Extrait

Jean-Marc Desgent L’hiver, c’était l’être disparu ou l’être pas assez L’hiver, c’était l’être disparu ou l’être pas assez ou l’être mal vissé, l’hiver, c’était ceux dont l’âme est une glace montée dans la gorge... Ça dansait dans son feu, ça tournait, les étoiles, ça tournait, la nuit, ça voulait dire mars et sa neige collante, ça voyait des histoires écrites dans les champs enneigés, à grandes étendues de campagne, tout le monde était en dedans, ça faisait du gel partout, c’était stoppé, tellement le froid. Ça voulait voir le profond, ça avait les mains montées vers le ciel où se cache la grande bête qui invente, le soir, des enfants fugueurs dans leur lit improvisé. Ça ne se dégrayait pas dans l’épouvantable gelée des choses, ça ne rêvait pas tellement à la longue marche des loups, ça descendait vite à l’incendie intérieur pour mourir moins vite. Ça s’appelait du sauvage durci, du grand sauvage des cristaux ou crieur d’épouvantes, ça habitait chez la Mouine, grande ourse âgée, aussi vieille que le monde, lui-même, ça passait pour du sorcier qui croit à l’insomniaque carcajou. Ça chassait l’hiver à toute vitesse. Ça avait fait un pacte secret avec le Peuple des Glaciers. Quand il neigeait fort, quand ça faisait un mur, quand la terre tremblait ou tremblait de froid, quand la terre était habitée on voyait du boréal dans la tête des frigorifiés, on voyait les tempêtes avaler le monde, on voyait les tempêtes fendre la chair des Hommes, ça disait des pierres cachées dans la pseudo-mort de décembre, ça disait ce qu’il faut pour que les maléfices tourbillonnent et ne fassent jamais la paix intérieure. Les voyageurs transis des Pays d’en Haut, les peurs que ça avait, que ça faisait des craintes ourlées, des vagues de glaces sculptées par le vent de tous les contraires, ça disait qu’on avait vu la Chose des Morts assise sur un sapin et qu’elle ne bougeait pas pendant des mois, fixée là, ç’était si effrayant que la langue collait, que...

Auteur : Jean-Marc Desgent
Titre : L’hiver, c’était l’être disparu ou l’être pas assez
Revue : Moebius : écritures / littérature, Numéro 132, février 2012, p. 21-24
URI : http://id.erudit.org/iderudit/66009ac

Tous droits réservés © Éditions Triptyque, 2012

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