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Moebius : écritures / littérature

Numéro 132, février 2012, p. 123-127

Passer l’hiver

Sous la direction de Lysanne Langevin

Direction : Lucie Bélanger (directrice), Nicole Décarie (directrice), Robert Giroux (directeur), Lysanne Langevin (directrice) et Raymond Martin (directeur)

Éditeur : Éditions Triptyque

ISSN : 0225-1582 (imprimé)  1920-9363 (numérique)

moebius1006620
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Article

Plus près de ce qui ne passe pas

Denise Desautels

Résumé | Extrait

Denise Desautels Plus près de ce qui ne passe pas existence incendiée désirant l’incendie […] avec ce que tu n’as pas dit j’invente un jeu de larmes Martine Broda dans la voix de Tsvetaeva en dehors des catastrophes une absence frappante et voilà qu’on remet ça le petit fléau forcené qui relance l’écriture vocabulaire et clameur qu’on croyait perdus le cadavre de plus sur la pile le tien, toi, étonnamment fuyarde depuis les quatre-cinq ans de ce siècle toi, musclée mutique il neige inconditionnellement et frappante mute hurlante la mort, la mort il n’était pas prévu que ce fût la tienne Montréal-Paris au téléphone hier, N. est morte ou peut-être avant-hier pendant ce temps, au bout de la main, sautent Fukushima, Benghazi, Deraa, Sanaa, Lattaquié Duékoué, et loin, et plus loin retour à la case départ, j’écris janvier sans concession son froid et le tien, absolus tes yeux d’avant la fin et leurs paupières d’émeri ici, une main empoigne ce que l’inespoir seul laisserait filer façon de nous rapprocher de l’éternité présente des lieux qui brûlent et des incendiaires qu’en penserais-tu aujourd’hui toi, cassante, ton coeur, ton mot sur tout jusqu’à l’ultime, avant-hier j’écris janvier ailleurs plus près de ce qui ne passe pas la braise où en étais-je, où en étions-nous avant la scène de la dispersion ta voix brève, du blanc jaloux déferle, c’est fait rien à craindre de la crue d’avril nous n’avons plus de mémoire tu ne reviendras pas réussie tout à coup, ton urgence exister à distance discrètement close il a tant neigé qu’on ne voit plus tu as voulu laisser mourir comme on laisse passer ou tu auras emporté nos côte à côte rugueux, nos escarpements toi, inlassable dans le grand temps de la vie dans le grand temps de la vie et pourquoi faire semblant ne nous ressemblait pourtant pas penchée sur hiver en passer et repasser par là neige, agonie, néant, encre noire pour dépouille de plus la tienne,...

Auteur : Denise Desautels
Titre : Plus près de ce qui ne passe pas
Revue : Moebius : écritures / littérature, Numéro 132, février 2012, p. 123-127
URI : http://id.erudit.org/iderudit/66026ac

Tous droits réservés © Éditions Triptyque, 2012

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