Érudit - Promouvoir et diffuser la recherche
FrançaisEnglishEspañol
 

Recherche détaillée

.

Moebius : écritures / littérature

Numéro 134, septembre 2012, p. 61-66

Les arts martiaux

Sous la direction de Isabelle Gaudet-Labine

Direction : Lucie Bélanger (directrice), Nicole Décarie (directrice), Robert Giroux (directeur), Lysanne Langevin (directrice) et Raymond Martin (directeur)

Éditeur : Éditions Triptyque

ISSN : 0225-1582 (imprimé)  1920-9363 (numérique)

moebius1006620
< PrécédentSuivant >

Abonnement requis!

L’accès à cet article est réservé aux abonnés. Toutes les archives des revues diffusées sur Érudit sont en accès libre (barrière mobile de 2 ou 3 ans). Pour plus d’information, consulter la page Abonnements et politique d’accès.

Connexion (abonné individuel)

Article

Transfiguration ou les confessions d’un acteur schizophrène : la voie de la guerre

Hélène Lesage

Résumé | Extrait

Hélène Lesage Transfiguration ou les confessions d’un acteur schizophrène : la voie de la guerre Il faut que je m’enfuie, ne cessais-je de me dire. Sans perdre un instant, il faut que je prenne la fuite. J’étais saisi de panique. Et pour ne pas éveiller les soupçons en mon-trant un air sombre, j’affectai une humeur encore plus enjouée que d’habitude. Mishima, Confession d’un masque Il lui faut se concentrer sur son ventre, siège suprême des énergies, extérioriser le qi et atteindre l’état d’éveil comme dans le Budo. Voie de la Guerre. Ainsi que lui a enseigné son maître, Tamura Sensei. Respirer. Surtout respirer… Les pans du rideau s’écartent avec la fluidité de dan-seuses glissant sur le sol. Peu à peu ils dévoilent la scène. Les lumières s’éteignent d’elles-mêmes. La salle res-semble à une cave plongée dans la noirceur. Soudain la rampe s’allume, aveuglante. Il ne peut voir les spectateurs, mais il les devine. Leurs yeux de loups renvoient les feux éblouissants des spots, ils brillent dans l’obscurité et l’observent avec avidité. Leurs dents sont longues comme des dagues, leur museau allongé, leur souffle suspendu. S’il ne les voit pas distinctement, il sent leur excitation. Leur sueur diffuse une odeur âcre. La performance peut commencer. Ombre et lumière se heurtent au pied de la scène où il se tient prisonnier de la cloche de lumière. Au fur et à mesure que les rideaux s’écartent pour disparaître dans les fentes des coulisses, la chape lumineuse s’étend et envahit d’un large cercle l’espace où il va évoluer. Le décor apparaît brusquement dans le rai de clarté blafarde tombé du plafond comme une lame tranchante. C’est le moment de la méditation silencieuse où il se revêt de son rôle et s’investit du pouvoir que lui ont conféré des années de pratique. Premier tableau : ouverture Dos à la salle, il observe avec révérence le shaka. La statue a été placée dans la niche du toko no ma qui fait face au public. Dans les maisons, le toko no ma aux couleurs...

Auteur : Hélène Lesage
Titre : Transfiguration ou les confessions d’un acteur schizophrène : la voie de la guerre
Revue : Moebius : écritures / littérature, Numéro 134, septembre 2012, p. 61-66
URI : http://id.erudit.org/iderudit/67537ac

Tous droits réservés © Éditions Triptyque, 2012

À propos d'Érudit | Abonnements | RSS | Conditions d’utilisation | Pour nous joindre | Aide

Consortium Érudit ©  2014