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Moebius : écritures / littérature

Numéro 134, septembre 2012, p. 99-104

Les arts martiaux

Sous la direction de Isabelle Gaudet-Labine

Direction : Lucie Bélanger (directrice), Nicole Décarie (directrice), Robert Giroux (directeur), Lysanne Langevin (directrice) et Raymond Martin (directeur)

Éditeur : Éditions Triptyque

ISSN : 0225-1582 (imprimé)  1920-9363 (numérique)

moebius1006620
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Article

J’ausculte l’anatomie des uppercuts

Jonathan Charette

Résumé | Extrait

Jonathan Charette J’ausculte l’anatomie des uppercuts J’ai peur du velours de cage, j’ai les os méchants. Roger Des Roches, Le nouveau temps du verbe être Je féroce je brutal des uppercuts plein la bouche où se déroulent des combats extrêmes calligraphiés par besoin de protestation avant les derniers sacrements je mâche mes lésions tracées à la pointe fine des balafres déambulent sur ma figure émaciée l’hémoglobine marmonne ses méfaits sur la gaze les sutures strangulent la scène de crime je confesse mes tentatives de meurtre au Demerol tout ouïe dans un sac noir expirent mes mots contondants je joue à la cachette avec un homicide involontaire ma langue porte les stigmates des aveux à la machette Crâne cousu de coulisses primaires comme Head de Basquiat poings bourgeonnants dans le paysage endolori pour décomposer les membres de la nature morte chaîne irascible improvisée par Georges St-Pierre mon visage un verger de pommettes pourries éclaboussures orange abcès écarlates sur les tempes menton rendu difforme par des crochets de béton armé les hématomes sont mûrs il faut les cueillir je biffe les dérives de la phrénologie mythomane un troupeau d’ambulances se repaît avec avidité flaque de sang intraveineuse en amont les gyrophares cernent les effusions carnassières mon profil se fait désosser rageusement transporté d’urgence dans un atelier on me refait le portrait Fendre des planches d’anatomie avec le tranchant du souffle jusqu’à déboîter ma trachée dont les gerçures révèlent la mise en quarantaine de ma respiration quelques foulures se cachent dans ma cage thoracique je frappe sur mes poumons remplis de sable boursouflure défavorisée d’oxygène livide peu à peu je respire à la pointe du couteau ma bouche épluche les cris défendus comme Denis Vanier je porte plainte au criminel incisions sur les poignets des phonèmes impulsifs avec aplomb je désincarcère les hurlements Je ressemble au Frankenstein fracturé de...

Auteur : Jonathan Charette
Titre : J’ausculte l’anatomie des uppercuts
Revue : Moebius : écritures / littérature, Numéro 134, septembre 2012, p. 99-104
URI : http://id.erudit.org/iderudit/67543ac

Tous droits réservés © Éditions Triptyque, 2012

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