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Moebius : écritures / littérature

Numéro 133, avril 2012, p. 9-11

Pour Leonard Cohen

Sous la direction de Kateri Lemmens et Charles Quimper

Direction : Lucie Bélanger (directrice), Nicole Décarie (directrice), Robert Giroux (directeur), Lysanne Langevin (directrice) et Raymond Martin (directeur)

Éditeur : Éditions Triptyque

ISSN : 0225-1582 (imprimé)  1920-9363 (numérique)

moebius1006620
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PrésentationDes fleurs pour Cohen : en guise de liminaire

Kateri Lemmens

Charles Quimper

Résumé | Extrait

Présentation Présentation Des fleurs pour Cohen : en guise de liminaire I never found the girl I never got rich Follow me1 Un homme chute, et au moment où il tombe, il fonde la lumière. Et pendant qu’il tombe, son coeur raconte pourquoi il tombe. L’enveloppement, la dissimulation, le bouclier de cette chute où personne ne peut le blesser. Ainsi il entre entièrement dans la chute, il l’embrasse. Il la bénit2. Ce qu’on perçoit, de loin, c’est le passage. La trajectoire. La mémoire de la lumière sur le fond sombre du ciel. Sa chute fissure le ciel en nous. Tel était le désir au coeur de cette entreprise, recouvrer l’oeuvre de Leonard Cohen dans de multiples ciels. Et que ce soit cendres ou fleurs, porter un peu de sa grande poésie, celle qui traverse tout : les recueils de poèmes, les romans et la musique. Bien entendu, l’évidence première est celle des chansons et de la marque qu’elles ont laissée sur nos vies. Or si sa musique hante avec force nos mémoires et notre mémoire du temps, la modernité et la charge de ses romans et de sa poésie demeurent incontestables. De l’inaugural Let Us Compare Mythologies (1956) au clair-obscur du Book of Longing (2006), en passant par les The Favorite Game (1963), Flowers for Hitler (1964), Parasites of Heaven (1966) ou encore Book of Mercy (1984) : toujours une musique, et cette avancée spirituelle, érotique, amoureuse, langagière, existentielle. Une embrasure dans le tissu de la vie. Or, si la quête littéraire de Cohen a représenté le « premier lait » poétique de plusieurs écrivains de langue anglaise, et si on doit par ailleurs à Michel Garneau un remarquable travail d’« ouverture » et d’« affiliation », notamment par ses traductions en « français québécois » et avec ses Poèmes du traducteur, on a parfois l’impression que des interférences brouillent encore, en un sens, la réception, en langue française, de Cohen comme écrivain « montréalais » et « québécois ». En effet, Leonard Norman Cohen est né à Montréal en 1934 et cette ville, ses lieux, comme ses figures, habitent ses écrits comme il les a habités, comme ils nous habitent. Et entre, et avec, se trouveraient des passages, des passations, des transmissions. Surtout sans vouloir figer ou réduire l’identité de Leonard Cohen écrivain, nous pensons que son oeuvre appartient à l’horizon de notre littérature, au même titre que celles d’Anne Hébert, de Gabrielle Roy, de Gilles Vigneault ou de Gaston Miron. Ainsi, si l’on redécouvre en ce moment la contribution d’un Mordecai Richler à notre vie littéraire, en outre grâce à de nouvelles tra-ductions, n’est-il pas aussi temps d’inscrire la présence de Cohen dans l’esprit de notre littérature ? N’est-il pas temps d’incarner la diversité de nos horizons, de nous reconnaître dans notre pluralité ? Et si la musique peut donner à la littérature, comme l’a montré l’exercice des Douze hommes rapaillés, en la réverbérant, pourquoi la littérature ne donnerait-elle pas aussi à la musique, à la poésie de la musique ? Et pourquoi l’oeuvre de Cohen, forte d’une bonne dizaine de recueils de poésie, ainsi que de deux éblouissants romans, n’influencerait-elle pas les poètes et les écrivains d’ici aussi sûrement que ses chansons ont irrigué et continuent d’alimenter les veines de la musique que nous écoutons ? L’oeuvre de Cohen comme point d’impact et comme source d’inspiration. Voilà ce que nous avons souhaité faire entendre : cet écho, ce tintement chez plusieurs écri-vains et créateurs, auteurs chevronnés ou encore inconnus du public, poètes de renom ou aspirants poètes, poètes-musiciens ou chanteurs-écrivains. Il s’agissait donc d’écrire et de faire écrire autour de Cohen, à travers Cohen, dans la friction entre son propre travail littéraire et celui de Cohen, dans le frottement, là où ses oeuvres résonnent, là où la poésie se fait prières, incantations, ressouvenirs, fissurations, brèches de désir et de lumière.

Auteurs : Kateri Lemmens et Charles Quimper
Titre : Présentation : des fleurs pour Cohen : en guise de liminaire
Revue : Moebius : écritures / littérature, Numéro 133, avril 2012, p. 9-11
URI : http://id.erudit.org/iderudit/66252ac

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