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Moebius : écritures / littérature

Numéro 133, avril 2012, p. 66-71

Pour Leonard Cohen

Sous la direction de Kateri Lemmens et Charles Quimper

Direction : Lucie Bélanger (directrice), Nicole Décarie (directrice), Robert Giroux (directeur), Lysanne Langevin (directrice) et Raymond Martin (directeur)

Éditeur : Éditions Triptyque

ISSN : 0225-1582 (imprimé)  1920-9363 (numérique)

moebius1006620
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Article

So Long, Marianne

Pierre-Luc Asselin

Résumé | Extrait

Pierre-Luc Asselin So Long, Marianne Le billet déchiré se retrouve au fond de sa poche, à côté de l’autre encore intact, jamais utilisé. Stéphane lui avait promis qu’il l’accompagnerait. Et elle, elle lui avait dit qu’elle irait, coûte que coûte, et que rien au monde ne lui ferait manquer ce spectacle. Rien. « Leonard Cohen à Québec, tu t’imagines, Steph ? C’est la chance d’une vie !!! » Mais il n’est pas venu. « Je sais pu si ça me tente, Marianne. On devrait parler à la place… » Elle fixe encore la grosse femme au guichet, l’air de ne pas croire ce qui lui arrive. Qu’il ne soit pas avec elle ou qu’elle y soit enfin. Elle ne saurait dire. — Ça va aller, madame ? Marianne sort subitement de sa rêverie. Elle a les larmes aux yeux. — Oui, oui, ça va, c’est juste que je suis tout énervée d’être ici… Elle tente de cacher son malaise en frottant son visage du revers de la manche. — Comme tout le monde, j’imagine… Et la femme impatiente lui pointe la file qui s’étend à perte de vue derrière elle. Tous ces gens appariés par-faitement, deux à deux. En reprenant maladroitement son vieux sac à main kaki, déformé par les années, elle se dirige à pas réservés vers le parterre du Pavillon de la jeunesse, regardant autour d’elle dans l’espoir de le voir. Qu’il ait changé d’idée et qu’il soit ici. « T’es pas sérieux ! Parler de quoi au juste ? Tu veux pu venir ? » Impossible, c’est elle qui a son billet. Ses billets. « Tu vois quelqu’un d’autre ? » Elle avait réussi à être parmi les premiers en ligne. L’homme au bout du fil lui avait demandé avec sa voix sablonneuse quelle section elle désirait. Elle lui avait dit « la meilleure possible, pour être le plus près de la scène ». Les billets revenaient à plus de 250 dollars la paire. « C’est pas grave, avait-elle ajouté, je veux y aller, coûte que coûte. » La salle bondée vibre sous le bourdonnement sourd des spectateurs qui n’en peuvent plus d’attendre. Elle tente tant bien que mal de contenir ses émotions. « Non, c’est pas...

Auteur : Pierre-Luc Asselin
Titre : So Long, Marianne
Revue : Moebius : écritures / littérature, Numéro 133, avril 2012, p. 66-71
URI : http://id.erudit.org/iderudit/66264ac

Tous droits réservés © Éditions Triptyque, 2012

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