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Moebius : écritures / littérature

Numéro 133, avril 2012, p. 83-88

Pour Leonard Cohen

Sous la direction de Kateri Lemmens et Charles Quimper

Direction : Lucie Bélanger (directrice), Nicole Décarie (directrice), Robert Giroux (directeur), Lysanne Langevin (directrice) et Raymond Martin (directeur)

Éditeur : Éditions Triptyque

ISSN : 0225-1582 (imprimé)  1920-9363 (numérique)

moebius1006620
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Article

Leonard Cohen, l’homme qui aime...

Louise Cotnoir

Résumé | Extrait

Louise Cotnoir Leonard Cohen, l’homme qui aime... De quelques réminiscences J’avais 19 ans quand j’ai reçu les chansons de Cohen comme des vérités soudainement révélées, sa voix comme une protestation instinctive : protest song. L’époque s’y prêtait, il y avait la guerre au Vietnam en fond de décor, « Les temps changeaient » sous les mots de Bob Dylan et Joan Baez, dans sa jupe à fleurs, haranguait paisiblement les foules avec son imploration litanique : Where have all the flowers gone ? La guitare folk accompagnait toutes ces revendications pacifiques. J’avais 19 ans et j’étais sous le charme de la silhouette de Cohen, de cet être vêtu de noir, si fragile, et de ce chapeau mou rappelant celui des Tziganes des pays de l’Est… J’apprendrai bien plus tard que ses parents étaient d’origine juive russo-polonaise. J’avais 19 ans et j’étais envoûtée par la voix de Cohen, un peu voilée, retenue avec ce timbre d’une profonde intensité. Il s’en dégageait un tel charisme que j’avançais sur ses mots lentement, presque avec dévotion, franchissant la barrière de cette langue autre, troublée par une sensation de chaleur par tout le corps et des éclairs dans le cerveau… Et c’est cette voix, cette langue, ces images fulgurantes qui m’ont fait découvrir ces Beautiful Losers (titre du roman de Cohen publié en 1966) dont il se fera toute sa vie le chantre. J’étais donc à cet âge idéaliste où l’on désespère de sa famille, où l’on chantait à tue-tête et pendant des heures : Like a bird on the wire […] I have tried in my way to be free1. Cohen accompagnait ma soif de liberté mais exigeait à la fois ma lucidité et ma conscience d’être responsable envers les autres vivants, d’éviter de les blesser. J’entendais dans ses paroles l’espoir de contrer l’avilissement de l’humain par l’humain, le dépérissement du monde et surtout l’obligation de vigilance à l’égard des désastres passés, présents ou à venir. Cohen chantait, pour moi, l’engagement et le devoir de mémoire : Oh, the wind, the...

Auteur : Louise Cotnoir
Titre : Leonard Cohen, l’homme qui aime...
Revue : Moebius : écritures / littérature, Numéro 133, avril 2012, p. 83-88
URI : http://id.erudit.org/iderudit/66267ac

Tous droits réservés © Éditions Triptyque, 2012

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