Érudit - Promouvoir et diffuser la recherche
FrançaisEnglishEspañol
 

Recherche détaillée

.

Moebius : écritures / littérature

Numéro 133, avril 2012, p. 115-118

Pour Leonard Cohen

Sous la direction de Kateri Lemmens et Charles Quimper

Direction : Lucie Bélanger (directrice), Nicole Décarie (directrice), Robert Giroux (directeur), Lysanne Langevin (directrice) et Raymond Martin (directeur)

Éditeur : Éditions Triptyque

ISSN : 0225-1582 (imprimé)  1920-9363 (numérique)

moebius1006620
< PrécédentSuivant >

Abonnement requis!

L’accès à cet article est réservé aux abonnés. Toutes les archives des revues diffusées sur Érudit sont en accès libre (barrière mobile de 2 ou 3 ans). Pour plus d’information, consulter la page Abonnements et politique d’accès.

Connexion (abonné individuel)

Article

Lucile et Octave

Tristan Malavoy-Racine

L’album I’m Your Man est paru en février 1988, sous étiquette Columbia.

Résumé | Extrait

Tristan Malavoy-Racine Lucile et Octave Une autre journée s’achève au centre Saint-Paul. Dans la salle communautaire, les pensionnaires forment çà et là des îlots. Penchés sur une partie de cartes ou de dames, ils tuent le temps au gré de gestes lents, les gestes calculés des gens très vieux. Certains ne jouent à rien, ne regardent rien de précis. On comprend à la fixité de leurs yeux qu’ils n’ont plus avec le monde que des liens momentanés, filamenteux. Un calme étrange baigne ces fins de journées au centre. Un calme à la fois enveloppant et froid, tant on dirait que la mort ondule entre les corps, évaluant la marchandise. C’est ce que se dit Julienne en faisant sa ronde habituelle. Julienne, préposée aux bénéficiaires ici depuis quatorze ans, touchante dans son dévouement muet, sa tendresse désabusée. Comme elle le fait souvent quand le silence devient trop insistant, elle se dirige vers la petite chaîne stéréo, dans un coin de la pièce. Après avoir hésité un peu, elle insère dans le lecteur un disque de Leonard Cohen. Plage no 4. « I’m Your Man », la chanson-titre. Quelques mesures suffisent : la voix profonde habite la pièce, le temps se remet doucement en marche. If you want a lover I’ll do anything you ask me to C’est inévitable, c’est chaque fois ainsi. Julienne pense à ses amours. Leonard Cohen a les clés des histoires d’amour de chacun. De la sienne en tout cas, histoire brisée il y a deux ans contre un quotidien devenu insupportable après la mort d’un enfant unique. La terre qui s’ouvre sous les pieds. Le sang qui se retire d’un coup, les mains glacées. La vie ramenée à des tons de gris. Puis le départ de Vincent, inconsolable et amer de tout. Julienne revoit aussi leurs débuts. Plus le temps passe, plus se précise le souvenir de leurs débuts. Les maladresses, les audaces. L’infini désir de se plaire l’un l’autre. And if you want another kind of love I’ll wear a mask for you Julienne regarde un à un ces hommes et ces femmes arrivés au bout du...

Auteur : Tristan Malavoy-Racine
Titre : Lucile et Octave
Revue : Moebius : écritures / littérature, Numéro 133, avril 2012, p. 115-118
URI : http://id.erudit.org/iderudit/66271ac

Tous droits réservés © Éditions Triptyque, 2012

À propos d'Érudit | Abonnements | RSS | Conditions d’utilisation | Pour nous joindre | Aide

Consortium Érudit ©  2014