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Moebius : écritures / littérature

Numéro 133, avril 2012, p. 121-134

Pour Leonard Cohen

Sous la direction de Kateri Lemmens et Charles Quimper

Direction : Lucie Bélanger (directrice), Nicole Décarie (directrice), Robert Giroux (directeur), Lysanne Langevin (directrice) et Raymond Martin (directeur)

Éditeur : Éditions Triptyque

ISSN : 0225-1582 (imprimé)  1920-9363 (numérique)

moebius1006620
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Patrick Tillard à Enrique Vila-Matas

Patrick Tillard

Résumé | Extrait

Lettre à un écrivain vivant Patrick Tillard à Enrique Vila-Matas Avertissement Cette lettre, trouvée avec de nombreux écrits inédits dans une malle de voyage lors de l’internement – à la demande de la famille – d’Enrique Vila-Matas, a longtemps été considérée comme un faux par la recherche universitaire. On y retrouve pourtant le style et l’inspiration de l’écrivain catalan, les formulations incroyablement tangibles de son flux mental irrépressible mais aussi la luminosité infinie de son art du négatif. Du cerveau brûlé de l’habile pilote morcelé entre littérature et vie, surgit dans son sillage l’expression géniale, le chaos traumatisant et le rythme malaisé de l’imposture en littérature, thème exceptionnellement fondateur de toute son oeuvre. Aux yeux de Vila-Matas l’imposture constituait la souffrance suprême et la force persistante de tout écrivain, le confortable théâtre où il se trouve et se construit ému par une foule de problèmes, son image publique et l’angoisse de vivre. Pour l’édification de la littérature, cette obsession s’est exprimée avec un talent presque surnaturel lors d’une confrontation impitoyable avec Jean Echenoz consacré en Clown blanc. Cette rencontre fut mise en scène à la Maison des écrivains étrangers et des traducteurs à Saint-Nazaire (France) en 2008. Un ring, quelques cordes pour les isoler, une lumière blafarde, l’énergie froide de chacun, l’énonciation mécanique de quelques détails biographiques de circonstance, on ne sut s’il s’agissait de bonheur ou de libération mais les deux adversaires, solitaires et sceptiques, récitaient leurs textes comme s’ils éteignaient une bougie. Vila-Matas, au sommet de son succès, armé de son invincible réserve, affichait le visage grimé et prétendument explicatif de l’Auguste, sa bosse bariolée de noir, rouge et blanc, affublé d’un nez vermillon, de gigantesques lunettes noires et de chaussures jaune poussin démesurées, se demandait s’il boirait son cinquième bloody Mary ; il fut fidèle à ses...

Auteur : Patrick Tillard
Titre : Patrick Tillard à Enrique Vila-Matas
Revue : Moebius : écritures / littérature, Numéro 133, avril 2012, p. 121-134
URI : http://id.erudit.org/iderudit/66272ac

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