Érudit - Promouvoir et diffuser la recherche
FrançaisEnglishEspañol
 

Recherche détaillée

.

Moebius : écritures / littérature

Numéro 133, avril 2012, p. 141-152

Pour Leonard Cohen

Sous la direction de Kateri Lemmens et Charles Quimper

Direction : Lucie Bélanger (directrice), Nicole Décarie (directrice), Robert Giroux (directeur), Lysanne Langevin (directrice) et Raymond Martin (directeur)

Éditeur : Éditions Triptyque

ISSN : 0225-1582 (imprimé)  1920-9363 (numérique)

moebius1006620
< PrécédentSuivant >

Abonnement requis!

L’accès à cet article est réservé aux abonnés. Toutes les archives des revues diffusées sur Érudit sont en accès libre (barrière mobile de 2 ou 3 ans). Pour plus d’information, consulter la page Abonnements et politique d’accès.

Connexion (abonné individuel)

Compte rendu

Émerger du naufrage : Patrick Lafontaine et Louise DupréPatrick Lafontaine, Grève du zèle, poésie, Éditions du Noroît, 2010, 80 p.Louise Dupré, Plus haut que les flammes, poésie, Éditions du Noroît, 2010, 112 p.

Monique Deland

Résumé | Extrait

Patrick Lafontaine Grève du zèle1, poésie Éditions du Noroît, 2010, 80 p. Louise Dupré Plus haut que les flammes2, poésie Éditions du Noroît, 2010, 112 p. Émerger du naufrage : Patrick Lafontaine et Louise Dupré C’est l’humilité, la droiture et la franchise du ton qui émeuvent d’entrée de jeu dans les pages de cette Grève du zèle de Patrick Lafontaine. Un parler vrai et simple, comme si on était tapi au fond des entrailles de l’auteur, à même sa transparence et son humanité les plus touchantes. « Pour mes lectures d’été j’espère trouver un livre qui me dise comment passer à travers mes vacances sans me flinguer [...] // La mort appelle du fond de l’océan. // Les coraux se demandent ce que j’attends quel héros me retient. » Et c’est lui, ce héros, que la mort appelle du fond de l’océan, qui manifestera le ralentissement de son énorme zèle déployé jusque-là afin de maintenir intacte la couleur de son identité. Même si une progressive, puis totale grève du zèle pourra à long terme s’avérer libératrice des amères tensions, le lâcher prise n’est jamais simple. « Même à l’inertie je ne me laisse pas aller complètement. » Mais il faudra bien la faire, cette grève du zèle, « [s]ur le dessus du bureau veiné rugueux se coucher. Oublier ces phrases ses désirs c’est passé. » « On marche pour s’en sortir avec l’obligation de conquérir chaque pas [...] la vie [...] doit se poursuivre. » Et cet effort paraît si exigeant que, d’une certaine façon, la perspective semble être celle du déjà noyé. « J’habite le long de la rivière une maison dont le toit se trouve au niveau de l’asphalte [...] je regarde l’eau fuir comme un train. » Il s’établit, dans la première partie de ce livre de Patrick Lafontaine, un très bel aller-retour entre les petites choses du réel ordinaire – « du quotidien [qui] traîne sur le sol », comme l’écrit le poète –, par exemple : « [d]es millions de puces qui baisent dans le plancher », « une cig roulée sur un balcon » ou « une statue de la vierge dont le vernis s’écale et qui perdra la tête à la fin », et d’intenses émotions ancrées au plus profond du corps : la peur, la culpabilité, l’angoisse, voire le désar-roi, de ne pas savoir comment faire, ni même où chercher, pour trouver l’amour. Et c’est alors bien plus qu’une simple métaphore ou qu’une quelconque mise en abîme qui vient faire le pont entre ces deux réalités de l’objet et de l’émo-tion. C’est une ample respiration qui ramasse tout, et qui ramène sur un même plan d’existence toutes les expériences concomitantes du vivant, les petites et les grandes, celles-ci nourrissant et suscitant celles-là. « Parfois, je sais que mon rêve pourrait trouver contenance en un objet très simple. Une main sur ma cuisse immobile des fouets de cheveux sur mon dos nu une plante qui chaque jour s’effeuille devant ma sécheresse. Mais toujours j’ai peur qu’aucun objet ne devienne objet d’amour. » Et c’est bien là, la clef de voûte du livre. Espérer, atten-dre, chercher, trouver, devenir, ressentir, revoir, puis évaluer l’amour. L’amour lui-même et les objets d’amour. Pourtant, à de telles aspirations, « [l]e monde n’offre pas de réponses. Qu’un écho sans fond ». On fera donc de son mieux pour assouvir le besoin d’aimer. À ce chapitre, les objets, « écrans imperturbables de mes projections », écrit le poète, peuvent être élus au même titre que peuvent l’être les vivants. Peu importe l’objet d’amour, sa nature et / ou sa provenance : « la beauté du monde [...] d’où qu’elle vienne tu veux être déchiré ».

Auteur : Monique Deland
Titre : Émerger du naufrage : Patrick Lafontaine et Louise Dupré
Ouvrages recensés : Patrick Lafontaine, Grève du zèle, poésie, Éditions du Noroît, 2010, 80 p.
 Louise Dupré, Plus haut que les flammes, poésie, Éditions du Noroît, 2010, 112 p.
Revue : Moebius : écritures / littérature, Numéro 133, avril 2012, p. 141-152
URI : http://id.erudit.org/iderudit/66274ac

Tous droits réservés © Éditions Triptyque, 2012

À propos d'Érudit | Abonnements | RSS | Conditions d’utilisation | Pour nous joindre | Aide

Consortium Érudit ©  2016