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Moebius : écritures / littérature

Numéro 129, avril 2011, p. 31-36

Le nu

Sous la direction de Jean-Simon DesRochers

Direction : Lucie Bélanger (directrice), Nicole Décarie (directrice), Robert Giroux (directeur), Lysanne Langevin (directrice) et Raymond Martin (directeur)

Éditeur : Éditions Triptyque

ISSN : 0225-1582 (imprimé)  1920-9363 (numérique)

moebius1006620
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Article

Extrait du journal de Kate Oberson

Luc LaRochelle

Résumé | Extrait

Luc LaRochelle Extrait du journal de Kate Oberson Le 15 janvier 2004 Il y a maintenant trois semaines que j’ai emménagé à Starfish Village dans le bungalow semi-détaché que mon fils Charles a acheté pour me rapprocher de lui. J’ai du mal à m’habituer à la proximité des voisins ; le terrain au-tour de notre maison de Burlington était si vaste ! J’aurai à peine assez d’espace pour planter quelques rosiers. Pas question de potager évidemment. Bien sûr, notre victorienne était trop grande pour une femme seule ; elle l’était déjà pour un couple, avant que John meure. Mais on n’avait pas l’impression de vivre dans un décor de télé, avec ces petites rues manucurées et ces maisons recouvertes de vinyle imitant le bardeau de cèdre. Charles a raison de me pousser à rencontrer des gens ; plus tôt je me ferai un groupe d’amis, mieux ce sera pour le moral. Demain, je vais au centre communautaire. Mais il a eu tort de me faire déménager pendant la période des Fêtes : quel encombrement sur les routes ! Je le connais, mon grand : je suis certaine qu’il ne voulait pas faire le voyage jusqu’au Vermont… Le 18 janvier 2004 Ça y est, j’ai vidé les dernières caisses. Les livres sont rangés dans la bibliothèque et la chaîne hi-fi fonctionne. Je dois d’ailleurs avouer que la sonorité est meilleure ici, peut-être parce que le séjour est plus petit ou que le plafond est moins haut. De toutes manières, j’ai pu m’installer confortablement hier soir pour commencer le dernier roman de William Boyd. John me ferait sans doute remarquer que ce n’est pas une lecture digne d’un professeur de littérature anglaise, mais j’ai toujours appré-cié les bons raconteurs d’histoires. Même que je me suis procuré un Pat Conroy, genre de livre qui auparavant n’aurait jamais franchi la porte de la demeure familiale. Le veuvage a quelques avantages ! Côté vie sociale, j’ai vu hier sur le babillard du centre communautaire une annonce affichée là par un résident qui donne des cours de peinture. Je m’y suis...

Auteur : Luc LaRochelle
Titre : Extrait du journal de Kate Oberson
Revue : Moebius : écritures / littérature, Numéro 129, avril 2011, p. 31-36
URI : http://id.erudit.org/iderudit/64553ac

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