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Moebius : écritures / littérature

Numéro 128, février 2011, p. 87-90

Arbres

Sous la direction de Bruno Lemieux

Direction : Nicole Décarie (directrice), Robert Giroux (directeur), Lucie Bélanger (directrice), Lysanne Langevin (directrice) et Raymond Martin (directeur)

Éditeur : Éditions Triptyque

ISSN : 0225-1582 (imprimé)  1920-9363 (numérique)

moebius1006620
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Article

La réfection de l’échangeur Griffith

François Leblanc

Résumé | Extrait

François Leblanc La réfection de l’échangeur Griffith Le mercure a déjà franchi la barre des trente degrés à l’ombre, mais il n’y a justement pas beaucoup d’ombre dans les parages de l’échangeur Griffith. Du soleil, que du soleil et de la poussière, une impression subjective de cinquante degrés dans une zone semi-désertique. Lorsque le jeune inspecteur gare son pick-up sur le lit de gravier et ouvre la portière, Francis reçoit comme une gifle la bouffée de chaleur qui se répand dans l’habitacle climatisé. Combien coûtera la réfection de ce monstrueux éche-veau de béton ? Cinq cents millions ? Un milliard ? Dix milliards ? Comme tout le monde, il a entendu parler de ce projet pharaonique, il a été bombardé de chiffres par des médias surexcités, mais il les a aussitôt oubliés, car de telles sommes restent pour lui purement abstraites, inintelligibles. Intarissable lorsqu’il s’agit de son salaire de cinquante mille dollars par année, qu’il estime à la fois généreux pour un homme de sa condition et insuffisant pour régler ses dettes sur diverses cartes de crédit, Francis perd ses moyens devant la danse des milliards puisés à même le trésor public. Tu n’a jamais vu un truc pareil ! crie le jeune inspec-teur pour couvrir le bruit de la circulation. C’est plutôt spécial ! Il ne l’aime pas, ça se sent. L’inspecteur a le défaut de sa jeunesse, il donne des ordres comme un chien qui jappe, nerveusement, priant pour qu’on le prenne au sérieux. Trop gentil pour l’envoyer paître, Francis se contente de renâcler chaque fois qu’il lui adresse la parole. Son frère, lui, n’aurait aucune pitié pour ce blanc-bec. Dans cette famille d’arboriculteurs et d’émondeurs, Francis a docilement suivi les traces de son père, tandis que Paul, le cadet rebelle, a plutôt élargi ses horizons en étudiant la biologie et les sciences de l’environnement, en voyageant à travers le monde et en publiant un livre magnifique sur les arbres de la planète qui a été traduit dans une vingtaine de langues....

Auteur : François Leblanc
Titre : La réfection de l’échangeur Griffith
Revue : Moebius : écritures / littérature, Numéro 128, février 2011, p. 87-90
URI : http://id.erudit.org/iderudit/64598ac

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