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Moebius : écritures / littérature

Numéro 128, février 2011, p. 135-138

Arbres

Sous la direction de Bruno Lemieux

Direction : Nicole Décarie (directrice), Robert Giroux (directeur), Lucie Bélanger (directrice), Lysanne Langevin (directrice) et Raymond Martin (directeur)

Éditeur : Éditions Triptyque

ISSN : 0225-1582 (imprimé)  1920-9363 (numérique)

moebius1006620
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Article

[Poèmes]

Sylvain Campeau

Résumé | Extrait

Sylvain Campeau L’expression des végétaux est écrite, une fois pour toutes. (…) Chacun de leurs gestes (…) laisse une présence, une naissance irrémédiable, et non détachée d’eux. Francis Ponge arbre, on a dit et arbres encore ce sillage indécis, canevas répété sur la peau du ciel arbres qui laissent tous leurs froissements déployés, en autant de fétus de temps que le permet le vent, qui laissent aussi au jour élargir leur volume et porter la feuille haute arbre à la teneur béante d’en dessous, si ténu que je sois je lance la pomme aux nuages et laisse aux autres le soin de la pesanteur léger, un instant sans autre but que de faire peinture tachiste de ces vertes parades sur tant de bleu arbres, devant vous je prends racine et croîs en tout me semble erreur et pousse arbres et arbres et arbres encore depuis les essences jazzées par le poète tombés sous la coupe de ce même blanc qui terrorise la création et la mémoire tout ensemble arbres ténus ballottés par les ornières que creuse, en trop grands sillons, le caoutchouc cambré des grues et autres monstres lourds et gavés et tout ce déferlement abrasif des pluies et averses diverses la neige affolée par les crues du dégel arbres tangués sur la toile terrestre dont la pénurie dénude un roc outré d’avoir trop montré ses qualités minérales, inorganiques sentences d’asphyxie tranquille arbres dont l’absence ronge le frein vital et gazeux et corrode lacs et rivières arbres je vous chante de cette haleine que je vous dois encore arbres j’ai pleuré arbres j’ai pleuré feuilles comme sève en mars fièvre coulante des instincts comme sang exhibé en octobre toutes feuilles en blessures arbres comme ciel râpé sous la carrure râblée des collines qui se vautrent entre bosquets et pubis végétaux frères feuillus retenus arbres aux couleurs marbrées des temps advenus du froid et du sommeil de la terre et du vert arbres pressés par leur sève d’afficher leur mort sereine qui...

Auteur : Sylvain Campeau
Titre : [Poèmes]
Revue : Moebius : écritures / littérature, Numéro 128, février 2011, p. 135-138
URI : http://id.erudit.org/iderudit/64610ac

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