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Moebius : écritures / littérature

Numéro 130, septembre 2011, p. 91-96

Réinventer le 11 septembre

Sous la direction de Annie Dulong et Alice van der Klei

Direction : Lucie Bélanger (directrice), Nicole Décarie (directrice), Robert Giroux (directeur), Lysanne Langevin (directrice) et Raymond Martin (directeur)

Éditeur : Éditions Triptyque

ISSN : 0225-1582 (imprimé)  1920-9363 (numérique)

moebius1006620
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Article

Qu’est-ce qui s’est passé ?

Patrick Tillard

Résumé | Extrait

Patrick Tillard Qu’est-ce qui s’est passé ? Une classe, une femme (professeure) – plusieurs écoliers (dix, onze ans) qui s’agitent, regroupés autour d’un livre de photographies – tourbillon de mouvements, questions spontanées, ruptures de ton – innocence et hyperexcitabilité des enfants devant la tragédie-débâcle de l’innocence – clarté définitive. — Regarde la photo : il y avait deux tours immenses ici. Toutes droites dans le ciel. — On peut les voir encore ? — Ici ? — Non, enlève ton doigt ! — Les tours semblaient être par là, pourtant. — Observe mieux ! — Il n’y a rien. — Et là ? — Je les aurais vues. — C’étaient seulement des tours ? — Oui, mais hautes, très hautes, comme un symbole. — DES symboles ! — Oui. Le pouvoir, l’argent. Tu vois ? Comme la domination, la puissance, le pouvoir ! — Alors, les gens des tours vivaient comme des symboles ? — Euh, peut-être qu’ils vivaient pour devenir des symboles… — Tu le savais ? — Je ne savais pas. — Moi non plus. — Peut-être qu’ils vivaient pour défendre ces symboles. — C’est étrange. Les tours qui restent sont-elles des symboles aussi ? — Oui, peut-être… — Et la ville ? Aurait-elle brûlé elle aussi si les avions avaient eu le temps ? — Non. La ville a été cachée par un immense nuage noir mais pas comme au Japon, tu te rappelles ? Au Japon deux villes ont été détruites. — C’était pire ? — Je ne sais pas. Mais il ne faut en oublier aucune. — Ces tours ne ressemblaient à aucune autre. Elles étaient les plus grandes. — Je commence à comprendre. — C’est la même guerre ! — Non, non. C’est différent. — Pourtant, ça ne s’arrête jamais. — … — On dit que ce jour-là, la ville a regardé son double, un double effrayant. — Est-ce possible ? — Tout est possible. — Je crois que la ville s’est pétrifiée. Suspendue au sort des deux tours et aux avions devenus invincibles. — Je crois que jamais les tours n’avaient tant vécu : dégoulinantes d’horreurs, de feux, de lumières, de corps, de silhouettes, de...

Auteur : Patrick Tillard
Titre : Qu’est-ce qui s’est passé ?
Revue : Moebius : écritures / littérature, Numéro 130, septembre 2011, p. 91-96
URI : http://id.erudit.org/iderudit/64965ac

Tous droits réservés © Éditions Triptyque, 2011

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