Érudit - Promouvoir et diffuser la recherche
FrançaisEnglishEspañol
 

Recherche détaillée

.

Nuit blanche, magazine littéraire

Numéro 126, printemps 2012, p. 17-35

Direction : Suzanne Leclerc (directrice)

Rédaction : Alain Lessard (rédacteur en chef)

Éditeur : Nuit blanche, le magazine du livre

ISSN : 0823-2490 (imprimé)  1923-3191 (numérique)

nb1073421
< PrécédentSuivant >

Abonnement requis!

L’accès à cet article est réservé aux abonnés. Toutes les archives des revues diffusées sur Érudit sont en accès libre (barrière mobile de 2 ou 3 ans). Pour plus d’information, consulter la page Abonnements et politique d’accès.

Connexion (abonné individuel)

Compte rendu

Fiction

Linda Amyot

Jean-Paul Beaumier

Michèle Bernard

Pierrette Boivin

Patrick Guay

Laurent Laplante

Alexandre Lizotte

Michel Nareau

Julie Pelletier

Judy Quinn

Simon Roy

Vincent Thibault

Résumé | Extrait

commentaires fiction roman Élise Turcotte GUYANA Leméac, Montréal, 2011, 175 p. ; 20,95 $ La prose d’Élise Turcotte possède une musique singulière, faite d’une tonalité personnelle, d’un rythme paisible et plaisant, d’une douce profondeur, qui laisse aux événements le soin et le temps de se développer, de couver en nous avant de se dévoiler dans l’histoire. Peu de romanciers au Québec ont ce talent pour décrire les rouages obscurs de la voix intérieure. Dans Guyana, Turcotte renoue, à mon sens, avec deux de ses premiers ouvrages de fiction. Ainsi, du Bruit des choses vivantes, elle reprend les questions de la maternité, de la monoparentalité, de la tendresse à donner et à recevoir, où l’espace familial est toujours en tension créatrice avec le monde social, urbain, interculturel. De même, elle construit une histoire de fascination pour le surgissement de la violence, pour le passé trouble d’une femme happée par le viol et les menaces, comme elle le faisait déjà dans L’île de la Merci, en se tournant vers la perspective d’une survivante au drame dont elle n’est même pas témoin. À partir d’un rendez-vous de coiffure manqué, la trajectoire d’Ana et de son fils Philippe bifurque. Le quotidien et la routine se délitent dans l’expectative, la curiosité macabre fait son chemin, les événements du passé déboulent entre le silence et les confessions, et la vie précaire de cette famille déjà heurtée par la mort du père se trouve prise dans les dédales de l’existence d’une relative inconnue, Kimi, la coiffeuse. Le roman est marqué par une enquête policière, par des rubans jaunes, par des interrogatoires, mais jamais le récit ne s’installe dans le suspense, dans l’anticipation fiévreuse d’un dénouement. Au contraire, l’intérêt du roman est de nous faire pénétrer dans le labyrinthe d’une existence par le détour d’une écoute de l’autre, par la volonté de communiquer avec le désespoir d’une inconnue. Cette éthique de la parole, qui passe par le recueillement, la curiosité empathique, la découverte des affinités transculturelles, donne son sel à ce grand récit, porté par une vibration qui résonne à chaque page. La structure du roman fait également résonner cette parole multiple à quérir. En effet, Guyana reprend le fonctionnement du grand roman d’Anne Hébert, Les fous de Bassan, en faisant alterner les narrateurs (ici Ana, Philippe et Kimi), dans des jeux sur la vraisemblance et la temporalité, tout en reconstituant l’espace circonscrit et étranger d’un drame annoncé. Le roman de Turcotte, tout en variations, en approfondissement, en désir de connivence, ouvre le quotidien comme peu de textes contemporains savent le faire. Michel Nareau Bertrand Laverdure BUREAU UNIVERSEL DES COPYRIGHTS La Peuplade, Chicoutimi, 2011, 142 p. ; 20,95 $ Déjanté. Voilà le mot qui sera employé pour parler de ce roman curieux, raffiné, ludique. Le terme est galvaudé et s’applique à tout ce qui déforme le moule depuis que le cinéma s’en est emparé pour parler des productions atypiques. Le roman de Bertrand Laverdure, Bureau universel des copyrights, est plus que cela. D’abord une réflexion sur les possibilités de l’écriture, sur les limites de la représentation, sur les vertus de la déconstruction des points de vue, il est surtout l’opposé d’une construction maladroite. L’écrivain, par le moyen d’allusions à la culture populaire, par l’usage de nombreux référents mythologiques et étrangers (dont le mandarin, qui sert à clore ce récit angoissant et loufoque) et de lieux sans liens apparents, travaille à brouiller, une à une, nos habitudes de lecture, qui sont aussi des habitudes de classification du réel. Un narrateur perdu et centré sur ses agissements prend conscience de l’intensité de l’existence, avant de rencontrer à Bruxelles le Schtroumpf farceur qui lui offre, comme il se doit, un cadeau explosif. La vie du narrateur tombe ensuite de Charybde en Scylla, alors qu’il est méthodiquement démembré par toutes sortes d’incidents qui apparaissent comme autant de chutes à de mauvais rêves.

Auteurs : Linda Amyot, Jean-Paul Beaumier, Michèle Bernard, Pierrette Boivin, Patrick Guay, Laurent Laplante, Alexandre Lizotte, Michel Nareau, Julie Pelletier, Judy Quinn, Simon Roy et Vincent Thibault
Titre : Fiction
Revue : Nuit blanche, magazine littéraire, Numéro 126, printemps 2012, p. 17-35
URI : http://id.erudit.org/iderudit/66281ac

Tous droits réservés © Nuit blanche, le magazine du livre, 2012

À propos d'Érudit | Abonnements | RSS | Conditions d’utilisation | Pour nous joindre | Aide

Consortium Érudit ©  2016