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Québec français

Numéro 166, été 2012, p. 22-24

Littérature et journalisme

Sous la direction de Maude Couture

Littératie médiatique et enseignement du français

Sous la direction de Réal Bergeron et Marie-Christine Beaudry

Direction : Aurélien Boivin (directeur)

Rédaction : Vincent C. Lambert (rédacteur en chef, littérature, langue et société), Réal Bergeron (rédacteur en chef, didactique) et Monique Noël-Gaudreault (rédactrice en chef, didactique)

Éditeur : Les Publications Québec français

ISSN : 0316-2052 (imprimé)  1923-5119 (numérique)

qf1076656
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Article

L’écrivain-journaliste au XIXe siècle : un être duel

Maude Couture

Étudiante à la maîtrise en études littéraires, Université Laval

Résumé | Extrait

littérature et journalisme L’écrivain-journaliste au XIXe siècle : un être duel Par Maude Couture* Plusieurs oeuvres romanesques françaises du XIXe siècle ont repris et développé un scénario similaire, qui semble flotter dans l’air du temps. Ces romans mettent en scène un jeune écrivain provincial encore innocent et gorgé d’illusions montant à Paris, lieu de tous les possibles et de toutes les tentations, en quête de gloire littéraire et se heurtant très rapidement au mépris des libraires qui refusent de publier ses manuscrits. Ce premier dessillement dévoile à l’apprenti écrivain, du moins partiellement, les réalités commerciales qui régissent le monde de l’édition et le processus de marchandisation que subit la littérature à cette époque de grands bouleversements, tant sociaux que culturels et techniques. Après une période d’errance et de disponibilité au destin, le débutant fait la rencontre d’un journaliste expérimenté, figure tentatrice par excellence, ce dernier ayant tôt fait d’entraîner le jeune écrivain dans l’enfer de l’écriture vénale où il abîmera son talent, ce qui le mènera inévitablement à sa perte. Ces romans du journalisme qui sont pour la plupart oubliés de nos jours – pensons entre autres à La Vie des frelons (1908) de Charles Fénestrier, Ernest ou le travers du siècle (1829) de Gustave Drouineau, Lucien Spalma (1835) de Jules-Amyntas David, Charles Demailly (d’abord publié en 1860 sous le titre Les hommes de lettres et réédité en 1868 sous le titre actuel) des frères Goncourt ou Les déracinés (1897) de Maurice Barrès – développent tous, avec certaines inflexions particulières à chaque auteur, un scénario commun s’articulant autour des éléments clés suivants : déracinement du jeune provincial, errance, rencontre, désillusion et renoncement. Il faut toutefois attendre la parution d’Illusions perdues (1836-1843) d’Honoré de Balzac afin que se cristallisent de manière exemplaire les traits scénaristiques propres aux romans de formation de...

Auteur : Maude Couture
Titre : L’écrivain-journaliste au XIXe siècle : un être duel
Revue : Québec français, Numéro 166, été 2012, p. 22-24
URI : http://id.erudit.org/iderudit/67258ac

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