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Québec français

Numéro 166, été 2012, p. 28-30

Littérature et journalisme

Sous la direction de Maude Couture

Littératie médiatique et enseignement du français

Sous la direction de Réal Bergeron et Marie-Christine Beaudry

Direction : Aurélien Boivin (directeur)

Rédaction : Vincent C. Lambert (rédacteur en chef, littérature, langue et société), Réal Bergeron (rédacteur en chef, didactique) et Monique Noël-Gaudreault (rédactrice en chef, didactique)

Éditeur : Les Publications Québec français

ISSN : 0316-2052 (imprimé)  1923-5119 (numérique)

qf1076656
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Article

La lettre et le journal au Bas-Canada : les usages de la presse d’après les correspondances féminines du XIXe siècle

Mylène Bédard

Doctorante en études littéraires, Université Laval

Résumé | Extrait

littérature et journalisme La lettre et le journal au Bas-Canada : les usages de la presse d’après les correspondances féminines du XIXe siècle Par Mylène Bédard* Dans le plus récent ouvrage paru sur les rapports entre la littérature et la presse, La Civilisation du journal, Judith Lyon-Caen constate que, malgré le nombre florissant de travaux, la question des usages et des expériences de lecture des périodiques demeure un pan de la recherche encore peu exploré : « Mais que sait-on des lectures et des usages effectifs de ces journaux ? L’historien se trouve ici confronté à un curieux paradoxe : celui de la pléthore et de l’absence de traces. Pléthore de journaux lus, milliers puis millions de pages imprimées chaque jour, selon des formats variés et dans des présentations toujours plus complexes. Pléthore également des commentaires, triomphants ou alarmistes, sur l’entrée en lecture périodique d’un public de plus en plus ample. Rareté, en revanche, des ‘‘archives’’ de lecture qui donneraient accès aux appropriations différenciées et singulières de ces pages qu’aucune vie d’historien ne pourrait suffire à parcourir. Ici et là, on trouve bien des notations dans un journal intime ou une correspondance : événements frappants du jour, habitudes de lecture, journaux favoris ou détestés1. » Reconnue comme un outil important pour retracer, aujourd’hui, les réseaux et les pratiques de sociabilité d’autrefois2, la correspondance permet tout autant de donner un aperçu des usages que font les lectrices et les lecteurs de la presse au coeur du XIXe siècle3. Le contexte insurrectionnel bas-canadien semble en effet favorable à l’étude des usages ordinaires du journal. Dans ces conditions, la situation politique engendre une affluence de nouvelles qui altère la dynamique et la nature de la correspondance familiale. Comment les épistolières reçoivent-elles ces informations et comment les intègrent-elles dans la lettre privée ? Quels sont les impacts de ce maillage de considérations politiques et de nouvelles familiales sur l’écriture épistolaire et sur la figure de l’épistolière ? Le journal comme instrument de l’intégration sociale des femmes En période de trouble politique, comme c’est le cas dans la première moitié du XIXe siècle au Bas-Canada, la presse devient une mine d’informations substantielle pour saisir les enjeux de la crise que traverse le pays, en particulier pour les femmes qui, exclues de la sphère publique, n’entretiennent pas de lien direct avec la politique. Lorsque les correspondants sont disséminés sur le territoire à la suite des Rébellions de 1837-1838, les journaux jouent encore un rôle important dans le maintien de la cohésion sociale, en ce qu’ils resserrent les liens du clan autour de pratiques ou de références partagées, uniformisent le rapport au temps et consolident l’identité du groupe réuni autour de convictions communes dont la presse se fait le porte-étendard. La séparation prolongée et l’éloignement, en plus d’être à l’origine des échanges épistolaires, mettent au jour la prégnance de la culture médiatique dans le quotidien des épistoliers. Quand la mobilité des individus sur le territoire ne permet plus aux membres d’un réseau épistolaire de lire les mêmes périodiques dès leur parution, ceux-ci sont alors archivés et acheminés à travers la correspondance aux proches expatriés4. Moins soumises que les hommes à l’exil, les femmes vont assumer ce rôle de passeuse à l’intérieur des systèmes d’échange, relayant les informations médiatiques, acheminant des livraisons de périodiques et signalant les nouvelles à surveiller. Ce faisant, elles ne se représentent plus dans une position de passivité par rapport aux productions médiatiques, mais s’inscrivent activement dans la réception et la diffusion de ces biens culturels. Compte tenu du contexte insurrectionnel, des épistolières vont associer, dans leur correspondance, des considérations politiques aux nouvelles familiales. La constitution d’un corpus de 264 lettres féminines écrites au cours de la décennie 1830-1840 par des femmes appartenant au milieu patriote bas-canadien montre clairement que la presse constitue, pour certaines, un outil d’intégration sociale, une passerelle entre la sphère domestique et la sphère publique.

Auteur : Mylène Bédard
Titre : La lettre et le journal au Bas-Canada : les usages de la presse d’après les correspondances féminines du XIXe siècle
Revue : Québec français, Numéro 166, été 2012, p. 28-30
URI : http://id.erudit.org/iderudit/67260ac

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