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Québec français

Numéro 166, été 2012, p. 40-41

Littérature et journalisme

Sous la direction de Maude Couture

Littératie médiatique et enseignement du français

Sous la direction de Réal Bergeron et Marie-Christine Beaudry

Direction : Aurélien Boivin (directeur)

Rédaction : Vincent C. Lambert (rédacteur en chef, littérature, langue et société), Réal Bergeron (rédacteur en chef, didactique) et Monique Noël-Gaudreault (rédactrice en chef, didactique)

Éditeur : Les Publications Québec français

ISSN : 0316-2052 (imprimé)  1923-5119 (numérique)

qf1076656
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Article

Culture populaire et littératie médiatique multimodale

Monique Lebrun

Professeure honoraire, Université du Québec à Montréal

Lebrun-brossard.monique@uqam.ca

Résumé | Extrait

Culture populaire et littératie médiatique multimodale par Monique Lebrun* Qu’il le veuille ou non, tout enseignant, et à plus forte raison l’enseignant de français, devrait se sentir concerné par la culture populaire des jeunes. Sous le concept de culture populaire, on regroupe les émissions de télévision, les films à effets spéciaux, une certaine musique, les revues grand public, les bandes dessinées, la mode, les jeux vidéo et, enfin, Internet (sur divers supports), qui portent des coutumes et valeurs marquant fortement le style de vie des jeunes, car elles sont facilement accessibles partout et acceptées par tous. Un tournant à prendre On sait actuellement peu de choses sur les diverses facettes de la culture populaire en lien avec les pratiques culturelles des jeunes. On peut mentionner, par exemple, les travaux de Boily et ses collaborateurs1 et l’enquête du MCCCF2. Ces chercheurs font ressortir le fait qu’on ne peut définir l’identité culturelle et sociale des jeunes d’aujourd’hui sans parler de la culture populaire à laquelle ils adhèrent. Au Québec, les enseignants sont conscients que beaucoup d’éléments de la culture populaire sont présents dans les produits culturels que consomment les jeunes. Toutefois, ces produits (on pense ici aux jeux vidéo, à un certain cinéma « jeune », à la chanson) n’ont pas encore trouvé une place suffisante à l’école. Ils n’en façonnent pas moins les attitudes et croyances des jeunes. L’école doit donc se « brancher » davantage sur la culture médiatique des jeunes et les aider à aller plus loin que le plaisir immédiat qu’ils en ressentent. Il faut produire des consommateurs critiques. L’enseignant efficace ne peut plus se contenter d’imposer les valeurs et les normes de la culture officielle. Il ne doit pas craindre l’engagement émotionnel des jeunes, ce mélange de sérieux et de ludique qui les séduit. En écriture créative, il faudrait permettre aux élèves de parler de leurs héros issus de la culture populaire. D’ailleurs, certains enseignants ont commencé à le faire, dans la foulée d’un mouvement qui est en train de remettre en question la légitimité des humanités traditionnelles, dans le champ artistique et culturel en général et dans le champ scolaire en particulier. Les nouveaux médias amplifient l’offre culturelle et contribuent à l’hétérogénéité des valeurs culturelles. Les contenus culturels sont dorénavant largement consommés sous une forme numérique. Et ils se diversifient de plus en plus, entrainant de ce fait une diversification des rapports à la culture. Pour vraiment bénéficier de cette offre culturelle en expansion, il faut avoir appris à exercer ses capacités cognitives et disposer d’un certain bagage culturel antérieur : ainsi, les élèves comprennent mieux les formes narratives nouvelles, quel que soit leur support, si on les a d’abord initiés aux formes classiques de narration, par exemple dans des textes issus de la littérature patrimoniale, ce qui leur servira de point d’ancrage. C’est là un des rôles « classiques » de l’école. À partir de là, les élèves pourront mieux manipuler, sur support numérique, des données linguistiques écrites et orales, des données iconiques fixes ou mobiles issues de la culture populaire et tirer profit des habiletés qu’ils développent dans leur univers extrascolaire. Le fait de conjuguer dans leurs apprentissages des éléments issus de la tradition et d’autres provenant de la culture populaire permet aux élèves de développer une littératie critique, d’opérer un retour distancié sur leur propre culture et de se constituer une sorte de capital culturel. Il ne s’agit pas d’oublier les objectifs propres aux différents programmes officiels, mais de les revitaliser en procédant différemment, par exemple en donnant droit de cité à des émissions de télévision, à du rap, aux réseaux sociaux, à une interdiscursivité créative où les élèves prennent des risques et doivent construire en partie leurs cheminements d’apprentissage au lieu de les recevoir déjà planifiés par l’enseignant.

Auteur : Monique Lebrun
Titre : Culture populaire et littératie médiatique multimodale
Revue : Québec français, Numéro 166, été 2012, p. 40-41
URI : http://id.erudit.org/iderudit/67264ac

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