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Québec français

Numéro 166, été 2012, p. 46-47

Littérature et journalisme

Sous la direction de Maude Couture

Littératie médiatique et enseignement du français

Sous la direction de Réal Bergeron et Marie-Christine Beaudry

Direction : Aurélien Boivin (directeur)

Rédaction : Vincent C. Lambert (rédacteur en chef, littérature, langue et société), Réal Bergeron (rédacteur en chef, didactique) et Monique Noël-Gaudreault (rédactrice en chef, didactique)

Éditeur : Les Publications Québec français

ISSN : 0316-2052 (imprimé)  1923-5119 (numérique)

qf1076656
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Article

La multimodalité : mieux comprendre la communication actuelle [et à venir]

Jean-François Boutin

Professeur, Ph.D., Université du Québec à Rimouski (Lévis / UQAR)

Résumé | Extrait

La multimodalité : mieux comprendre la communication actuelle [et à venir] par Jean-François Boutin* La question du sens, surtout celle de sa multiplicité, n’a jamais été aussi actuelle. En effet, pas une seule journée de nos vies effrénées ne l’évite : partout (à la maison, à l’école, en vacances, sur mer, dans les airs, etc.), et de plus en plus, nous sommes « bombardés » de messages textuels traditionnels ou numériques, d’images digitales fixes ou animées, de sonorités, de gestes, alouette ! Or, le moindre élément de ces messages est porteur d’une idée, aussi minimaliste soit-elle. Sommes-nous réellement conscients de la quantité astronomique de ces unités de sens qui traversent notre quotidien et prenons-nous vraiment le temps de les saisir, de les comprendre, voire de les assimiler ? Communiquer : produire / comprendre / intégrer du sens Rappelons dès le départ que deux postures s’offrent systématiquement au communicateur social1 : 1) il émet différents messages, donc il produit du sens ; 2) il en reçoit, donc il en décrypte, il en comprend et, parfois, il en assimile2. L’encodage d’un message prend différentes formes ; au traditionnel code alphabétique s’imbrique désormais des codes visuels, voire des codes sonores et / ou gestuels. La résultante est alors un message de plus en plus hétérogène, véritable amalgame complexe, sémantiquement parlant3. Si décoder, interpréter et intégrer un message « monomodal » (constitué du seul mode textuel, donc de son « cher » code alphabétique) demeure souvent une activité problématique chez nombre de communicateurs, imaginons alors l’ampleur de la tâche cognitive qui les attend lorsqu’il leur faut décrypter, saisir et retenir de l’information produite à l’aide de plusieurs modes, donc de multiples codes… Les différents modes de production du sens Kress et Jewitt4 montrent ainsi que la multimodalité repose sur le constat que, en communication contemporaine, on utilise de plus en plus fréquemment plus d’un mode pour concrétiser une idée, c’est-à-dire qu’à l’occasion de la production du sens lié à cette idée, on coordonnera au mode textuel d’autres modes : les modes visuel, gestuel, sonore et mixte. Un mode est une façon d’incarner concrètement (dans le sens perceptif du terme) une unité de sens, et ce, à l’aide d’un code particulier5 (voir la figure 1). Le double rapport à la multimodalité Il n’est pas si facile de s’y retrouver lorsqu’il est question de multimodalité, car on peut aborder ce phénomène de deux façons distinctes. On parle d’abord de contenu multimodal des messages, tel que nous venons de le voir à l’aide de la figure 1. En effet, un message dit multimodal est toujours constitué d’idées textuelles, visuelles, gestuelles et / ou sonores, c’est-à-dire qu’il porte des contenus multiples et, surtout, complémentaires. On dira ici qu’il s’agit d’une conception sémiotique de la multimodalité. Par ailleurs, on dépeint souvent cette dernière en termes de support multimodal. Cette représentation instrumentale du phénomène multimodal apparait ainsi lorsque l’on s’intéresse davantage à la transmission réelle des messages. À ce titre, les manières de plus en plus variées et originales de faire parvenir au destinataire un message se font, elles aussi, multimodales ! L’avènement de l’ère numérique et son essor constant multiplient les possibilités de transmission du sens. Désormais, on6 envoie un message textuel accompagné de photographies par téléphonie numérique, on ajoute sur sa page Facebook des illustrations numérisées (images fixes) et / ou des capsules vidéo (images mobiles), on réfère le lecteur, par des liens hypertextuels, à des sites Internet des plus variés, notamment Wikipedia et YouTube, où il est alors possible de visionner et d’écouter, par exemple, un extrait de film, etc. Bref, si les messages sont de plus en plus multimodaux en raison de leur cryptage, ils le sont aussi en raison de leur manière d’être véhiculés.

Auteur : Jean-François Boutin
Titre : La multimodalité : mieux comprendre la communication actuelle [et à venir]
Revue : Québec français, Numéro 166, été 2012, p. 46-47
URI : http://id.erudit.org/iderudit/67267ac

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