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Québec français

Numéro 166, été 2012, p. 72-74

Littérature et journalisme

Sous la direction de Maude Couture

Littératie médiatique et enseignement du français

Sous la direction de Réal Bergeron et Marie-Christine Beaudry

Direction : Aurélien Boivin (directeur)

Rédaction : Vincent C. Lambert (rédacteur en chef, littérature, langue et société), Réal Bergeron (rédacteur en chef, didactique) et Monique Noël-Gaudreault (rédactrice en chef, didactique)

Éditeur : Les Publications Québec français

ISSN : 0316-2052 (imprimé)  1923-5119 (numérique)

qf1076656
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Compte rendu

Moi, les parapluies… ou l’art d’être abandonné à son sort

Aurélien Boivin

Professeur de littérature québécoise, Université Laval

Directeur de la revue Québec français

Résumé | Extrait

Fiche de lecture Moi, les parapluies… ou l’art d’être abandonné à son sort Par Aurélien Boivin* Publié en 1994 aux Éditions Libre Expression, Moi, les parapluies…1, le douzième roman du François Barcelo, est sa deuxième oeuvre à paraître dans la célèbre collection « Série noire » chez Gallimard, en 1999, après Cadavres, en 1998. Deux autres romans y paraîtront, Chiens sales, en 2000, et L’ennui est une femme à barbe, en 2001. Depuis Agénor, Agénor, Agénor et Agénor, en 1981, le prolifique auteur de la Montérégie a publié près de trente romans pour adultes, trois recueils de nouvelles et bon nombre de romans pour la jeunesse, dont la célèbre série « Momo de Sino », qui compte neuf titres, et « Petit héros », qui en compte six. De quoi s’agit-il ? À peine âgé de dix ans, n’en paraissant que sept, Normand Bazinet est accusé du meurtre de sa grand-mère, trouvée dans son lit à l’Hôpital général de Montréal, le manche d’un parapluie enfoncé dans la gorge. Condamné par le tribunal de la jeunesse, bien qu’il clame son innocence, il passe sept ans dans un centre de réhabilitation. Libéré à l’âge de dix-huit ans de ce qu’il qualifie lui-même de véritable prison, où il a subi les sévices des frères enseignants de l’institution, il entend tout oublier et recommencer sa vie. Il est toutefois hanté par la vengeance. Au lieu d’accepter la proposition de son père, concessionnaire Chevrolet Oldsmobile et Cadillac de Tracy, de devenir apprenti-mécanicien, il décide de consacrer plus de vingt-cinq années de sa vie à chercher la vérité et à découvrir le vrai meurtrier, fermement convaincu d’avoir été la victime d’une grave erreur judiciaire. Mais il a perdu ses illusions et sa réinsertion sociale ne se fait pas sans heurts. Son enquête prend du temps à donner des fruits, mais elle dérange les gens de son entourage, dont les membres de sa famille, qui disparaissent sans qu’il ait besoin d’intervenir. Sa mère met fin à ses jours en se jetant devant une énorme souffleuse à neige, non sans avoir laissé à son fils cadet Normand un court billet dans lequel elle s’accuse du meurtre de la grand-mère, une vieille radoteuse pas commode (p. 125) qu’elle a toujours détestée. Serge, son frère aîné, se noie, en compagnie de son épouse Nicole, lors du naufrage accidentel (?) du yacht de son père. Quant à ce dernier, il meurt d’une pneumonie à l’Hôtel-Dieu de Sorel, à la suite d’une tentative de suicide. Il a engagé sa Cadillac sur la glace du chenal, qui a cédé, et est sauvé par son fils Normand, à qui il fera des révélations avant de mourir, en lui racontant tout ce qui s’est passé dans la chambre de la grand-mère, plusieurs années plus tôt. Le titre Comme il arrive souvent chez Barcelo, le titre peut certes paraître bizarre, déconcertant même. La grand-mère Bazinet a été assassinée à l’aide d’un parapluie, instrument que le jeune Normand ne semble guère apprécier, pas plus que la tante jumelle à qui il appartenait. Quand, plusieurs années plus tard, alors qu’il est à l’article de la mort, le père demande à son fils s’il a un parapluie, celui-ci répond, quelque peu mal à l’aise, en faisant la grimace : « Non, il pleut pas. Puis moi, les parapluies… », ce à quoi son père réplique : « L’oreiller, ça fera pareil » (p. 267), comme s’il espérait que son fils, par vengeance, l’étouffe et abrège ainsi ses jours. Le temps et l’espace L’intrigue de Moi, les parapluies… s’échelonne sur trois décennies, depuis le début des années 1960, avec le meurtre de la grand-mère, alors que Normand est âgé de dix ans, pour se terminer en août 1989, avec le départ pour Montréal de Manon, la nièce de Normand, qui, lui, se prépare à franchir la quarantaine.

Auteur : Aurélien Boivin
Titre : Moi, les parapluies… ou l’art d’être abandonné à son sort
Revue : Québec français, Numéro 166, été 2012, p. 72-74
URI : http://id.erudit.org/iderudit/67277ac

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