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Québec français

Numéro 166, été 2012, p. 78-81

Littérature et journalisme

Sous la direction de Maude Couture

Littératie médiatique et enseignement du français

Sous la direction de Réal Bergeron et Marie-Christine Beaudry

Direction : Aurélien Boivin (directeur)

Rédaction : Vincent C. Lambert (rédacteur en chef, littérature, langue et société), Réal Bergeron (rédacteur en chef, didactique) et Monique Noël-Gaudreault (rédactrice en chef, didactique)

Éditeur : Les Publications Québec français

ISSN : 0316-2052 (imprimé)  1923-5119 (numérique)

qf1076656
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Article

Quelques nouvelles fantastiques de cégépiennes talentueuses !

Présenté par

Steve Laflamme

Résumé | Extrait

fantastique Quelques nouvelles fantastiques de cégépiennes talentueuses ! Présenté par Steve Laflamme Comme arrive la fin de session, arrive aussi le moment de soumettre aux lecteurs de Québec français les meilleures nouvelles fantastiques de mes élèves du cours Chefs-d’oeuvre étrangers du programme « Littérature et arts » (Cégep de Sainte-Foy), édition Hiver 2012. Le cimetière des Batignolles par Sabrina Young-Grenier 28 septembre 1996 — Je dois faire le bilan des événements des derniers jours ici, dans ce carnet, puisque je crois que si je ne couche pas sur papier ce qui est en train de m’arriver, je me laisserai prendre à mon imagination. Ma fascination pour un poète dépravé fut probablement la cause de mon abjection. En fait, je ressens les effets pervers de l’obsession depuis la découverte de ce poème : Chanson d’automne Les sanglots longs Des violons De l’automne Blessent mon coeur D’une langueur Monotone. Tout suffocant Et blême, quand Sonne l’heure, Je me souviens Des jours anciens Et je pleure J’avais un faible pour Verlaine, ce personnage sombre, mélancolique et bilieux. J’étais séduite par les hommes ayant eu une existence tumultueuse, moi, qui menais une vie paisible et tranquille. J’aimais bien ma routine, mais j’avais besoin de vivre mes émotions intenses à travers la lecture de textes étranges et dramatiques. Cependant, il y a quelques semaines, ma vie prit une tournure inattendue et les événements dégénérèrent. À vrai dire, je fus bouleversée par une série de phénomènes étranges, que je tenterai ici d’expliquer. Le fait est que ma maison est située sur le bord d’une falaise peuplée d’érables splendides. La fenêtre de mon salon donne sur le paysage rougissant, que je me plais à admirer en automne. Étrangement, il y a une semaine, je regardai par la fenêtre à mon réveil, et les feuilles des arbres s’étaient dénuées de moitié pendant la nuit. Je me dis que cela devait être dû au vent qui souffle plus fort qu’à l’habitude, en ce début d’automne frisquet. Je préparai tout de même mon café et curieusement, il ne goûtait rien. Ma cafetière était probablement brisée. Cette journée débutait bien mal et je ne pris même pas la peine de me regarder dans le miroir ni de me maquiller. J’arrivai au bureau dans une humeur massacrante, ce qui ne s’était jamais produit. Un de mes collègues parut presque pétrifié en me voyant arriver : « Blanche, que se passe-t-il ? Es-tu malade ? As-tu dormi ? Tu es si blême… » Je répondis que je n’avais pas eu le temps de me maquiller, que ma cafetière était brisée et que je n’avais pas eu droit à mon café pour me réveiller. Cette journée fut pénible, et dès que je rentrai chez moi, je ressentis une rage violente envers mon mari. Arthur, ayant l’habitude de mes sautes d’humeur, me prépara à souper, me fit couler un bain et me dit qu’il m’aimait. Je ne répondis pas. À partir de ce moment, plusieurs jours passèrent sans que j’arrive à dormir. Je me mis à lire la poésie de Verlaine pour combler mes nuits d’insomnie. J’adorais ses poèmes, sa façon de voir et de montrer l’amour, affligeant ou nostalgique. Ses vers me touchaient tant que j’en venais à ressentir une brûlure dans mon coeur en les lisant. À vrai dire, les écrits de Verlaine avaient un effet sur moi que je ne saurais expliquer. Au travail, mes collègues se mettaient à faire des remarques cinglantes sur mon teint blafard et ces demi-cercles sous mes yeux qui noircissaient. Au début, ils blaguaient, croyant que je passais mes nuits avec des hommes. Cependant, mon teint qui blêmissait au cours de la journée et ces cheveux blancs se démarquant de ma chevelure rousse attiraient l’attention.

Auteur : Steve Laflamme
Titre : Quelques nouvelles fantastiques de cégépiennes talentueuses !
Revue : Québec français, Numéro 166, été 2012, p. 78-81
URI : http://id.erudit.org/iderudit/67279ac

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