Érudit - Promouvoir et diffuser la recherche
FrançaisEnglishEspañol
 

Recherche détaillée

.

Québec français

Numéro 166, été 2012, p. 82-84

Littérature et journalisme

Sous la direction de Maude Couture

Littératie médiatique et enseignement du français

Sous la direction de Réal Bergeron et Marie-Christine Beaudry

Direction : Aurélien Boivin (directeur)

Rédaction : Vincent C. Lambert (rédacteur en chef, littérature, langue et société), Réal Bergeron (rédacteur en chef, didactique) et Monique Noël-Gaudreault (rédactrice en chef, didactique)

Éditeur : Les Publications Québec français

ISSN : 0316-2052 (imprimé)  1923-5119 (numérique)

qf1076656
< PrécédentSuivant >

Abonnement requis!

L’accès à cet article est réservé aux abonnés. Toutes les archives des revues diffusées sur Érudit sont en accès libre (barrière mobile de 2 ou 3 ans). Pour plus d’information, consulter la page Abonnements et politique d’accès.

Connexion (abonné individuel)

Compte rendu

L’homme qui ne voulait pas être papeHabemus Papam

David Rancourt

Résumé | Extrait

cinéma Habemus Papam. L’homme qui ne voulait pas être pape Par David Rancourt* Le pape est mort, il faut élire le pape. Le conclave est réuni : les cardinaux se retirent, coupés du monde jusqu’à l’accomplissement de leur tâche. Toute la planète semble attendre que la fumée noire devienne blanche. Les médias veillent, et soupèsent les chances des favoris. Plusieurs tours de scrutin sont nécessaires. L’ambiance est lourde, et on entend les murmures intérieurs d’un grand nombre de cardinaux : « Seigneur, faites que ce ne soit pas moi… » Sans doute que, dans leurs souliers, on ne serait pas plus héroïques, se dit-on. Enfin, le nouveau pontife est désigné : surprise, c’est le cardinal Melville (Michel Piccoli), que personne, et surtout pas lui-même, ne voyait dans ce rôle. Melville, frappé de stupeur, accepte en quelque sorte les applaudissements, consent à accomplir, comme un somnambule, les premiers gestes d’un nouveau pape, jusqu’au moment où il doit être présenté à la foule réunie place Saint-Pierre. Alors, c’en est trop, c’est la panique : il ne peut pas ! La tâche est vraiment trop lourde ! Cette crise provoque l’ajournement de la présentation. Ainsi, en dehors des cardinaux réunis à huis clos, personne ne sait encore qui a été choisi. Explication officielle donnée par le Vatican : le nouveau pape a tout simplement senti le besoin de se retirer dans la prière jusqu’à nouvel ordre. En réalité, l’état du pape préoccupe assez son entourage pour que la décision soit prise de le faire examiner par un psychanalyste athée (incarné par le réalisateur Nanni Moretti lui-même). Mais cette rencontre ne sera pas si fructueuse. Puis, coup de théâtre, le pape réussit à tromper la vigilance de ses gardes du corps et s’enfuit dans Rome. Incognito, habillé en civil, il errera quelque temps, essayant de réfléchir et d’en savoir un peu plus sur lui-même, peut-être de reprendre son souffle avant de retourner affronter son devoir, les cardinaux et la foule. Voilà Habemus Papam1 (Nous avons un pape), élu meilleur film de 2011 par les Cahiers du cinéma2, qui arrive donc sur nos écrans un certain temps après sa première européenne. Ce long métrage semble se dérouler sans anicroche jusqu’à un certain point. Pour le premier tiers, au moins, nous sommes rivés à l’écran, pendant que les enjeux se mettent solidement en place. Ensuite, la sauce se gâte. Un récit discontinu Pas besoin d’être clément pour apprécier l’amorce du film : la procession des cardinaux commentée de façon savoureuse par un journaliste de télévision, la scène de l’élection par vote secret, où la présence de Melville / Piccoli s’impose lentement et discrètement… Une fois la crise éclatée, l’arrivée du psychanalyste joué par Moretti apporte une bonne dose d’humour et d’air frais – mais concédons qu’il est plutôt facile d’avoir l’air d’aérer une ambiance renfermée comme celle d’un conclave. Les efforts du psychanalyste pour exercer sa profession sont cocasses : quel sujet au juste peut-il aborder avec le pape ? demande-t-il aux cardinaux. La sexualité ? Évidemment que non. Les rêves ? Ça dépend des rêves ; alors, mieux vaut ne pas essayer. L’enfance ? Avec une extrême discrétion. Et peut-on avoir une audience en tête à tête avec Sa Sainteté ? Il n’en est pas question. La séance psychanalytique sera donc très publique, infructueuse et drôle. C’est une analogie facile, mais faisons-là : à partir du moment où le pape prend la fuite dans la ville, le film aussi connaît des zones d’errance, des culs-de-sac et des chantiers de construction. Alors que d’une part on suit Melville dans Rome, que d’autre part on observe les cardinaux toujours réunis (et convaincus que le pape est encore recueilli dans sa chambre et qu’il prend du mieux), l’unité préservée jusque-là connaît des trous et des écarts.

Auteur : David Rancourt
Titre : L’homme qui ne voulait pas être pape
Ouvrage recensé : Habemus Papam
Revue : Québec français, Numéro 166, été 2012, p. 82-84
URI : http://id.erudit.org/iderudit/67280ac

Tous droits réservés © Les Publications Québec français, 2012

À propos d'Érudit | Abonnements | RSS | Conditions d’utilisation | Pour nous joindre | Aide

Consortium Érudit ©  2015