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Québec français

Numéro 167, automne 2012, p. 55-57

La science-fiction d’Isaac Asimov

Sous la direction de Claude Janelle

Enseignement et diversité culturelle

Sous la direction de Simon Collin et Maryse Lévesque

Direction : Isabelle L'Italien-Savard (directrice)

Rédaction : Vincent C. Lambert (rédacteur en chef, littérature, langue et société), Réal Bergeron (rédacteur en chef, didactique) et Martine Brunet (rédactrice en chef, didactique)

Éditeur : Les Publications Québec français

ISSN : 0316-2052 (imprimé)  1923-5119 (numérique)

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Article

« Moi, j’suis pas francophone ! ». Paroles d’élèves de francisation à Vancouver

Catherine Levasseur

Doctorante en Sciences humaines appliquées, Université de Montréal

catherine.levasseur.2@umontreal.ca

Résumé | Extrait

À Vancouver, où la communauté francophone évolue en contexte minoritaire, l’éducation et la socialisation des nouvelles générations constituent une préoccupation constante. Les élèves qui y reçoivent des services de francisation sont au coeur de ces préoccupations, car ils sont réputés non francophones, étant donné leurs compétences limitées en français. Or, ils sont de plus en plus nombreux à venir rejoindre les effectifs scolaires. Cet article met en lumière les pratiques langagières, les représentations et les discours tenus à propos des langues et de l’identité par des élèves de francisation à Vancouver. En conclusion, des pistes de réflexion pour le modèle éducatif en contexte francophone minoritaire et en contexte québécois sont proposées. « Moi, j’suis pas francophone ! ». Paroles d’élèves de francisation à Vancouver par Catherine Levasseur* Oui, il y a une communauté francophone à Vancouver La Colombie-Britannique abrite une communauté francophone qui compte un peu plus de 70 000 personnes, soit environ 1,7 % de la population. On retrouve à Vancouver la moitié des francophones de la province. Cette communauté est issue d’une migration venue du Québec, des autres provinces canadiennes, d’Europe ainsi que d’autres régions francophones du monde. Un de ses traits distinctifs est la proportion importante de personnes qui ont une autre langue que le français comme langue maternelle. Plus de 70 % des francophones de la province parlent d’ailleurs l’anglais le plus souvent à la maison. Pourquoi envoyer ses enfants à l’école francophone ? Les programmes offerts par le Conseil scolaire francophone (CSF) de la Colombie-Britannique sont réservés aux parents francophones « ayant droit1 ». La motivation d’inscrire les enfants au CSF est souvent liée au fait qu’en milieu minoritaire, l’école représente le moyen privilégié pour maintenir et revitaliser la communauté linguistique2. C’est à la fois un lieu d’instruction et un lieu où l’enfant peut développer son sentiment d’appartenance à la communauté francophone. Cependant, plusieurs élèves du CSF parlent peu le français à la maison. Ils sont souvent classés en francisation, un service d’appoint offert à ceux qui ne réussissent pas avec satisfaction l’examen de francisation à la fin de la maternelle. Comme pour tous les élèves de l’école, ils doivent toutefois utiliser le français en tout temps à l’école, tel que stipulé dans le code de vie. Les élèves vancouvérois D’octobre 2010 à juin 2011, j’ai mené une recherche en sociolinguistique auprès de 12 élèves qui recevaient des services de francisation dans une école primaire et secondaire3 de Vancouver qui accueille environ 350 élèves. Le groupe d’élèves sélectionnés comme participants à la recherche était composé de quatre garçons et de huit filles, de la 1re à la 5e année. Ces élèves ont participé à des ateliers où ils étaient questionnés sur des enjeux de langues et d’identités, et ils étaient observés en contextes scolaire et extrascolaire. Voyons maintenant ce qu’ils avaient à dire sur l’usage des langues à l’école et sur l’identité francophone. Savoir contourner les règles du jeu Lors des premiers ateliers, les participants devaient nommer les langues parlées à l’école. Ils ont unanimement identifié le français, puis l’anglais pour le cours d’anglais et les récréations. Ils ont montré leur connaissance de la règle « ici, on parle français » tout en sachant qu’il existe des contextes où l’usage de l’anglais est toléré. Les observations ont montré que les participants savent aussi contourner les règles, soit parler anglais même si cela leur est interdit, sauf lors des cours d’anglais. Par exemple, dès qu’ils se préparent à quitter la classe, qu’ils se dirigent à la cafétéria ou vont à l’extérieur, on remarque que la majorité d’entre eux utilise l’anglais, bien qu’il leur soit demandé de parler français, particulièrement à l’intérieur des murs de l’école. On constate enfin que lorsque l’activité en classe est structurée et supervisée, les élèves utilisent le français sans défier la règle.

Auteur : Catherine Levasseur
Titre : « Moi, j’suis pas francophone ! ». Paroles d’élèves de francisation à Vancouver
Revue : Québec français, Numéro 167, automne 2012, p. 55-57
URI : http://id.erudit.org/iderudit/67713ac

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