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Québec français

Numéro 164, hiver 2012, p. 96-98

L’actualité du mythe

Sous la direction de Vincent C. Lambert

Comprendre des textes à l’oral et à l’écrit

Sous la direction de Christian Dumais et Réal Bergeron

Direction : Aurélien Boivin (directeur)

Rédaction : Isabelle L'Italien-Savard (rédactrice en chef, littérature, langue et société), Geneviève Ouellet (rédactrice en chef, littérature, langue et société), Réal Bergeron (rédacteur en chef, didactique) et Monique Noël-Gaudreault (rédactrice en chef, didactique)

Éditeur : Les Publications Québec français

ISSN : 0316-2052 (imprimé)  1923-5119 (numérique)

qf1076656
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Compte rendu

Voix plurielles

Denys Lelièvre

Résumé | Extrait

La chanson d’expression francophone d’aujourd’hui témoigne d’échanges de plus en plus nombreux entre le Québec et la France, et même avec les États-Unis. Les créateurs établissent de nouveaux rapports entre les mots, les musiques et les nouvelles technologies. Des femmes assument notamment tous les aspects de leur création. Voix plurielles par denys lelièvre* Le désert des solitudes Catherine Major Spectra, 2011 Faisant suite à Rose sang, qui avait été accueilli chaleureusement à la fois par la critique et par le public, le troisième album de Catherine Major, Le désert des solitudes, comble toutes les attentes et confirme la place déterminante que la chanteuse occupe maintenant dans le paysage de la chanson québécoise. Edgar Bori, Richard Desjardins et Anais Barbeau-Lavalette ne s’étaient pas trompés en flairant chez elle une artiste des plus douées. Sans doute le talent le plus exceptionnel depuis Pierre Lapointe. Major semble avoir trouvé sa voie, le ton juste qui lui permet de se révéler. Son écriture dégage la force de s’indigner, l’habileté à créer des liens qui peuvent seuls briser les solitudes et le souffle d’une grande féminité. Les textes sont signés Catherine Major, Moran, Jacinthe Dompierre et Christian Mistral. Mais, une fois de plus, les mots, les mélodies et les arrangements se joignent pour créer un ensemble, une écriture d’un niveau second qui fait des chansons du Désert des solitudes une oeuvre résolument contemporaine. La métaphore du désert des solitudes suggère avec force le sentiment des gens esseulés d’avoir perdu tout point de repère, leur impuissance à retenir la vie alors que tout leur échappe : « Dans le désert des solitudes º Souvent le sable est émouvant º… Si je trouvais entre deux dunes / Une amour morte m’appartenant » (« Le désert des solitudes »). La solitude revêt des formes multiples. Les chansons de Major manifestent une grande solidarité avec la condition des femmes. « Bouche-à-bouche » dénonce la violence dont les femmes sont victimes : « Toi maintenant t’as l’envie de lui º Tu l’aimes quand il te bat º Quand il te tue à petit feu º Quand il te perce avec ses yeux º Comme une poupée déshabillée º Il fait de toi tout ce qu’il veut º Comme une femme déshabitée º Comme une terre désertée ». Dans le refrain, les mots de Dompierre, suggèrent une réplique subversive, une revanche dans la douceur : « Donnez-lui le bouche-à-bouche º Elle portera tout votre souffle º En guise de baiser farouche º Comme un baume sur son coeur louche ». Dans « Ourse », l’expérience personnelle de mettre un enfant au monde retrouve sa dimension universelle et les mots de Moran rappellent les propos d’Anne Sylvestre : « Relève-toi comme une mère º Dans la nature de ta force º Il y aura de la lumière º Assez pour éclairer la Corse […] Pour mille chutes autant d’ébats º Tombe l’amour comme un soldat º Un coeur est lourd et maladroit º S’il fait tambour de tous les bois ». Deux chansons évoquent la misère des filles et des mères victimes de conflits politiques ou de catastrophes naturelles. Major dédie « Tape dans mon dos » à Frédérique : « Entre Montréal et Beyrouth º Le féminin cherche sa route º Entre Jean-Claude et ses macoutes º Nul ne choisit ses doutes… º Je déarrime tous ceux º qui te feront mal º Par leurs mots fatals º Sur leur âme entachée º Je crache ta beauté ». Et « Un blanc sur ma mémoire » à Suzette et à la mémoire des victimes du tremblement de terre en Haiti : « J’aimerais me détendre º L’esprit dans les méandres º D’un oubli blanc ivoire º Que le néant me berce º Que les enfants renaissent º De la terre º Qu’enfin passe l’averse º Sur mon pays tristesse º La lumière ».

Auteur : Denys Lelièvre
Titre : Voix plurielles
Revue : Québec français, Numéro 164, hiver 2012, p. 96-98
URI : http://id.erudit.org/iderudit/65908ac

Tous droits réservés © Les Publications Québec français, 2012

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