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Québec français

Numéro 164, hiver 2012, p. 108-109

L’actualité du mythe

Sous la direction de Vincent C. Lambert

Comprendre des textes à l’oral et à l’écrit

Sous la direction de Christian Dumais et Réal Bergeron

Direction : Aurélien Boivin (directeur)

Rédaction : Isabelle L'Italien-Savard (rédactrice en chef, littérature, langue et société), Geneviève Ouellet (rédactrice en chef, littérature, langue et société), Réal Bergeron (rédacteur en chef, didactique) et Monique Noël-Gaudreault (rédactrice en chef, didactique)

Éditeur : Les Publications Québec français

ISSN : 0316-2052 (imprimé)  1923-5119 (numérique)

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Article

Comment Mario Francis a écrit la série Leonis

Propos recueillis par

Monique Noël-Gaudreault

Professeure, Département de didactique, Université de Montréal

Résumé | Extrait

entrevue Comment Mario Francis a écrit la série Leonis propos recueillis par monique noël-Gaudreault* Dès son jeune âge, Mario Francis était passionné de lecture. Issu d’un milieu modeste, pendant que son père est en prison, il lit Tintin et des recueils de contes. À l’âge de neuf ans, dans le sous-sol de son immeuble à logements, il est attiré par une caisse de livres anciens, reliés en cuir, aux pages jaunies, écrits par Victor Hugo, Alphonse Daudet, Alexandre Dumas, entre autres. La concierge lui en fait cadeau. Fasciné par les mots, Mario Lemieux, alias Mario Francis, lit à voix haute Les Misérables, dont il ne comprend pas grand-chose. Trois ans plus tard, en dévorant la série des Bob Morane, il sait qu’il sera écrivain. Très jeune, il connaît la solitude de ce « métier ». Ses amis doivent attendre qu’il ait fini d’écrire son chapitre s’ils veulent le voir sortir avec eux. À quatorze ans, il rédige son premier roman à la main et ose le donner à lire à un de ses professeurs… qui l’égare ! Un peu plus tard, il découvre Louis-Ferdinand Céline et Romain Gary, ainsi que les écrivains russes classiques comme Dostoïevski, Gogol, Tolstoï. Dans la jeune trentaine, il écrit son premier livre, un roman d’horreur intitulé Le livre de Poliakov, qui parait aux Intouchables en 2002. En trois ans et demi, tout en travaillant pour la Société de transport de la Rive-Sud de Montréal, il rédige les 350 pages de ce récit. L’histoire se passe en 1937, en Russie, avec un retour en arrière, au temps de la Révolution russe. L’auteur y peint, dit-il, le côté sombre, un peu désespéré, mais grandiose, de l’âme russe. Actuellement, il revient à Victor Hugo, avec la poésie de La légende des siècles. Recherches innovantes Leonis est une commande de Michel Brûlé qui lui donne sept mois pour rédiger les trois premiers tomes d’une série de douze... La veille du jour de l’An, alors que Mario Francis s’apprête à partir jouer dans un bar avec son groupe de rock, l’éditeur lui téléphone à neuf heures du soir, pour lui donner le choix entre trois époques : l’Égypte ancienne, les Mayas ou l’Empire mongol. Il choisit, et rédige le synopsis à quatre heures du matin. Comme il s’agit d’une grosse commande, il finit par donner sa démission de l’entreprise où il travaille à l’entretien des véhicules. Pour écrire, Mario Francis suit une discipline stricte. Beaucoup de recherches s’avèrent nécessaires sur la quatrième Dynastie de l’Ancien Empire. Parmi les quelque 250 livres qu’il consulte, il n’en trouve qu’une vingtaine qui ne reprennent pas les idées toutes faites au sujet de l’Égypte ancienne. Il décide de laisser ses personnages le guider, et invente Leonis, héros capable de se transformer en lion quand les circonstances l’exigent. Pour le décor global, lui qui n’est jamais allé en Égypte, il s’inspire du voyage de Champollion, égyptologue français du XIXe siècle. Fils d’un scribe, Leonis, devenu orphelin, est vendu comme esclave et participe à la construction du palais de la fille du Pharaon. Contrairement à l’information que l’on trouve dans plusieurs ouvrages traitant du sujet, les bâtisseurs des Grandes Pyramides étaient bien nourris et ne pouvaient être des esclaves, main-d’oeuvre jugée trop méprisable pour s’adonner à une telle oeuvre de prestige. Parmi ses sources fiables, l’auteur privilégie les écrits de Christiane Desroches-Noblecourt, archéologue, conservatrice du musée du Louvre à Paris. Entre discipline et effervescence À partir du synopsis proposé à son éditeur, Mario Francis écrit sans plan, ouvert, dit-il, aux surprises que ses personnages lui réservent. C’est le répertoire des tombes de la Vallée des rois qui lui fournit les noms et prénoms égyptiens. Au début, les lieux eux-mêmes bénéficient d’une géographie minimale, mais la faune et la flore locales, le désert et, bien sûr, le Nil nécessitent, par la suite, une recherche plus détaillée.

Auteur : Monique Noël-Gaudreault
Titre : Comment Mario Francis a écrit la série Leonis
Revue : Québec français, Numéro 164, hiver 2012, p. 108-109
URI : http://id.erudit.org/iderudit/65912ac

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