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Québec français

Numéro 165, printemps 2012, p. 18-19

Imaginer l’Apocalypse

Sous la direction de Aurélien Boivin et Vincent C. Lambert

Les productions orales et écrites

Sous la direction de Nancy Allen et Raphaël Riente

Direction : Aurélien Boivin (directeur)

Rédaction : Isabelle L'Italien-Savard (rédactrice en chef, littérature, langue et société), Vincent C. Lambert (rédacteur en chef, littérature, langue et société), Réal Bergeron (rédacteur en chef, didactique) et Monique Noël-Gaudreault (rédactrice en chef, didactique)

Éditeur : Les Publications Québec français

ISSN : 0316-2052 (imprimé)  1923-5119 (numérique)

qf1076656
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Imaginer l’ApocalypsePrésentation

Vincent C. Lambert

Résumé | Extrait

IMA GINER l’a poca lypse Luca Giordano, Chute des Anges, 1666 (Kunsthistorisches Museum, Vienne). L’apocalypse et sa version la plus inconcevable, la fin du monde, voilà un fantasme bien enraciné. Il ne se passe pas une semaine sans qu’une pluie diluvienne ou un désastre financier ne réveille en nous ce mot, cette référence obnubilante. Les médias (à sensation ou non) ne se privent pas de l’employer, comme si la récurrence d’événements excessifs, incompréhensibles, provoquait dans l’imagination une anxiété telle qu’elle devait recourir à cette histoire ancienne, présumément connue de tous, pour palier l’impression de vide où, même à notre insu, les catastrophes nous jettent. Le recours à l’apocalypse compenserait la difficulté de tout désastre à être intégré dans la trame ordinaire des événements, à être récupéré par un récit qui pourrait le sauver de l’insensé. À cela, ajoutons que l’état de crise est devenu l’état normal de la civilisation. C’est sans doute moins le fait de quelques intellectuels – qu’ils soient en manque de reconnaissance publique ou véritablement conscients d’une déroute en cours – que d’une certaine politique marchande, le capitalisme du désastre, comme l’appelle Naomi Klein : plongez les familles et les jeunes retraités dans un monde en crise et ils parleront votre langage (priorité : économie, déficit zéro, etc.) en proclamant la nécessité d’une solution que vous leur aurez subtilement glissée sur la table. Décidément, l’apocalypse n’a pas bonne presse. Le problème est qu’on peut toujours compter sur la fin du monde. Encore cette année, deux intellectuels en vue, Régis Debray et Pascal Bruckner, s’en prenaient au prêt-à-penser apocalyptique, le premier en s’attaquant à l’obscurantisme des nouveaux prophètes de malheur, l’autre en critiquant un fanatisme écologiste voulant que la destruction de notre écosystème soit un châtiment bien mérité. « Et ils détruiront ceux qui détruisirent la terre », peut-on justement lire dans l’Apocalypse...

Auteur : Vincent C. Lambert
Titre : Imaginer l’Apocalypse : présentation
Revue : Québec français, Numéro 165, printemps 2012, p. 18-19
URI : http://id.erudit.org/iderudit/66450ac

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