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Québec français

Numéro 165, printemps 2012, p. 65-66

Imaginer l’Apocalypse

Sous la direction de Aurélien Boivin et Vincent C. Lambert

Les productions orales et écrites

Sous la direction de Nancy Allen et Raphaël Riente

Direction : Aurélien Boivin (directeur)

Rédaction : Isabelle L'Italien-Savard (rédactrice en chef, littérature, langue et société), Vincent C. Lambert (rédacteur en chef, littérature, langue et société), Réal Bergeron (rédacteur en chef, didactique) et Monique Noël-Gaudreault (rédactrice en chef, didactique)

Éditeur : Les Publications Québec français

ISSN : 0316-2052 (imprimé)  1923-5119 (numérique)

qf1076656
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Article

Outils déclencheurs d’écriture de fiction

Monique Noël-Gaudreault

Professeure au Département de didactique de l’Université de Montréal

Résumé | Extrait

Outils déclencheurs d’écriture de fiction Par Monique Noël-Gaudreault* Selon Jean-Louis Dufays et Sylvie Plane, l’enseignement de l’écriture doit répondre à une double mission1 : permettre à chaque élève de « produire du générique, du reconnaissable, du régulier et, dans le même temps, stimuler la singularité de chaque auteur en puissance ». Tout enseignant confronté à ce double défi se heurte tôt ou tard au syndrome de la page blanche chez les scripteurs apprentis, qui ne savent par où commencer ou se plaignent de ne pas avoir d’idées. La créativité peut se définir comme une aptitude ou une disposition à inventer qui existe à l’état potentiel en chaque individu. De son côté, la fiction apparaît comme une feinte, une fabrication, un faire-semblant, qui témoigne de cette capacité de l’esprit humain à créer des univers qui ne sont pas ceux de la perception immédiate. La fiction nécessite la suspension de la règle de véridicité, en ce sens que ce qui est inventé n’est ni vrai ni faux, mais seulement une feinte, un faire-semblant. Si l’on admet, avec Michel Rouquette, que la créativité se développe dans la contrainte2, pourquoi ne pas proposer à nos élèves des déclencheurs, lanceurs, embrayeurs, inducteurs ou stimuli3 pour l’imaginaire ? Comme les chercheurs en écriture créative en ont généreusement fourni, cet article vise à présenter quelques-uns de ces outils, déjà testés en classe au primaire et au secondaire, et des plus populaires auprès de nos étudiants à la formation des maîtres. Pour plus de commodité, nous les avons divisés en trois catégories : 1) les objets déclencheurs, 2) les images et autres formes d’expression artistique comme déclencheurs, 3) les mots, phrases ou textes déclencheurs. Les objets déclencheurs Il peut s’agir de jouets, de bibelots, de flacons d’épices pour la cuisine (cannelle, piment, curcuma, etc.), de statuettes, de boîtes ou de coffres de toutes dimensions, de vieux vêtements, etc. Les scripteurs peuvent faire en sorte de doter les objets d’une vie propre, comme Walt Disney l’avait fait avec la Coccinelle, imaginer des catastrophes dont ces objets sont victimes, des rivalités, des destins tragiques… (pensons au conte d’Andersen : « La bergère et le ramoneur», ou encore à la bande dessinée d’Hergé : L’oreille cassée). Quant aux vieux vêtements, pourquoi ne pas les utiliser pour se déguiser, improviser des jeux de rôles, s’enregistrer, retranscrire, transformer le texte ainsi obtenu ? Les images ou autres formes d’expression artistique Cette catégorie regroupe les dessins, images, photos, schémas, graphiques, BD, films, etc. Par exemple, les photos de famille ne sont-elles pas idéales pour rédiger une autobiographie fantaisiste ou romancée ? Et que dire des illustrations de journaux sportifs, revues à potins ou magazines scientifiques ? Sans parler des portraits de personnages de bandes dessinées : les Schtroumpfs, Tintin, Garfield ou Mafalda peuvent devenir les héros d’histoires qui se déroulent en d’autres lieux et à d’autres époques (tel personnage à New York, Saguenay ou Bamako, en 2034). Ces personnages de romans, de films ou de bandes dessinées, on les fait s’opposer, on crée des liens d’amitié entre eux, on les associe à une qualité ou à un défaut… Par ailleurs, quoi de plus pratique qu’une constellation de mots pour organiser ses idées ? Parmi les autres formes d’expression artistique, citons les images de l’art de tous les temps et de tous les lieux qui, prises séparément ou jumelées, ouvrent des horizons fabuleux : Le Coq licorne, de Jean Dallaire, et Le joueur de fifre, d’Édouard Manet, par exemple. Quant à la musique, elle permet de se laisser envahir par les images qu’elle fait surgir, puis de bâtir simultanément ou a posteriori un monde bien différent, selon que l’on écoute du jazz, de l’opéra, une valse, une symphonie, ou encore de la musique traditionnelle du monde entier… Autrement dit, les contes de Noël ont bien meilleur goût lorsque leur écriture s’accompagne de l’audition de chants de la période des Fêtes… Les mots, phrases ou textes déclencheurs Il s’agit ici de prendre le matériau langagier comme point de départ pour une recherche d’idées : mots inducteurs, binôme imaginatif, titres d’oeuvres tirés de catalogues d’éditeurs, questions créatives, listes, textes variés… Par mots inducteurs, il faut entendre des mots qui servent de point de départ à une association d’idées.

Auteur : Monique Noël-Gaudreault
Titre : Outils déclencheurs d’écriture de fiction
Revue : Québec français, Numéro 165, printemps 2012, p. 65-66
URI : http://id.erudit.org/iderudit/66465ac

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