Érudit - Promouvoir et diffuser la recherche
FrançaisEnglishEspañol
 

Recherche détaillée

.

Québec français

Numéro 165, printemps 2012, p. 95-96

Imaginer l’Apocalypse

Sous la direction de Aurélien Boivin et Vincent C. Lambert

Les productions orales et écrites

Sous la direction de Nancy Allen et Raphaël Riente

Direction : Aurélien Boivin (directeur)

Rédaction : Isabelle L'Italien-Savard (rédactrice en chef, littérature, langue et société), Vincent C. Lambert (rédacteur en chef, littérature, langue et société), Réal Bergeron (rédacteur en chef, didactique) et Monique Noël-Gaudreault (rédactrice en chef, didactique)

Éditeur : Les Publications Québec français

ISSN : 0316-2052 (imprimé)  1923-5119 (numérique)

qf1076656
< PrécédentSuivant >

Abonnement requis!

L’accès à cet article est réservé aux abonnés. Toutes les archives des revues diffusées sur Érudit sont en accès libre (barrière mobile de 2 ou 3 ans). Pour plus d’information, consulter la page Abonnements et politique d’accès.

Connexion (abonné individuel)

Article

Comment Christiane Duchesne a écrit la trilogie Voyage au pays du Montnoir

Propos recueillis par

Monique Noël-Gaudreault

Professeure, Sciences de l’Éducation, Université de Montréal

Résumé | Extrait

Comment Christiane Duchesne a écrit la trilogie Voyage au pays du Montnoir propos recueillis par monique noël-Gaudreault* Fascinée dès l’enfance par le personnage d’Alice, de Lewis Carroll, Christiane Duchesne a retenu et systématisé les changements de taille des lieux et des personnages : après avoir franchi la pierre fendue, le héros de la trilogie Voyage au pays du Montnoir se retrouve rapetissé à la dimension de tous les habitants de la Ville sans nom, mais il l’ignore pendant un certain temps. Hermas, un des personnages, cousin de Julius, explique ainsi cet emboîtement des mondes : « Le monde qui est le nôtre tient dans la main d’un géant… Nous sommes tous les géants de quelqu’un… Le plus grand univers se déverse dans le plus petit… ». Dans la trentaine, Christiane Duchesne a lu et apprécié Les chroniques de Narnia, de l’écrivain irlandais C.S. Lewis. Ce classique de la littérature anglo-saxonne pour enfants traite du passage d’un monde à un autre, un monde parallèle au nôtre, où le temps ne s’écoule pas à la même vitesse. Dans Voyage au pays du Montnoir, à quelques pas de chez lui, Pierre Moulin franchit la pierre fendue et se retrouve dans une ville étrange, aux allures médiévales. Enfin, de La croisée des mondes, de Philippe Pullman, elle a gardé le souci de privilégier l’ambivalence pour éviter le manichéisme (lutte du Bien contre le Mal), et de trouver une façon de faire communiquer les mondes parallèles, d’ouvrir une brèche entre eux, une sorte de fenêtre. Chez Pullman, ce sera le poignard subtil ; pour Christiane Duchesne, la clé sculptée en forme de sablier, cachée dans un sac de cuir fin et taillée dans la paroi de la partie gauche de la Grande Pierre. Cependant, l’auteure s’inspire aussi de ses propres oeuvres, comme Victor, dont le héros pense que la terre est plate et qu’il ne faut pas approcher des bords qui s’effritent, sous peine de tomber en bas. Même si Pierre essaie de l’en dissuader, c’est aussi ce que croit fermement Julius, qui dirige le pays du Montnoir. Des souvenirs d’enfance La pierre fendue tire son origine des séjours de l’auteure, enfant imaginative, au chalet, à la campagne, près d’un petit lac : grosse comme quatre frigidaires, la roche avait éclaté au gel, et un arbre était parvenu à pousser dans la fente, malgré l’absence quasi-totale d’humus. De plus, lors de son année d’écrivaine en résidence à Antibes, en France, au bord de la mer, près des remparts, Christiane Duchesne avait exploré la bibliothèque à la recherche de livres sur les structures sociales. Dans Voyage au pays du Montnoir, elle a utilisé les noms de rues de sa ville d’adoption, mais en les changeant de place. Naturellement, il lui a fallu dresser un plan de la Ville sans nom qui est au centre de son intrigue. De retour au Québec, elle avait déjà rédigé 350 pages sur l’histoire globale, mais il lui a fallu environ cinq ans au total pour la recherche et l’écriture. Créer une société de A à Z L’écriture de Voyage au pays du Montnoir a causé à Christiane Duchesne un certain nombre de soucis de cohérence, qu’elle a vus comme autant de défis à relever. Malgré un plan général assez développé au départ, impossible, pour elle, de connaître à l’avance tous les détails de cette oeuvre de près de mille pages. Dans ce pays, y a-t-il des écoles, des prisons, des hôpitaux ? Comment la science se transmet-elle ? Comment cette société est-elle gérée ? Voilà quelques-unes des questions auxquelles elle a dû trouver des réponses. Au fur et à mesure que son écriture progressait, elle avançait des principes ou caractéristiques qu’elle devait conserver et défendre par la suite.

Auteur : Monique Noël-Gaudreault
Titre : Comment Christiane Duchesne a écrit la trilogie Voyage au pays du Montnoir
Revue : Québec français, Numéro 165, printemps 2012, p. 95-96
URI : http://id.erudit.org/iderudit/66476ac

Tous droits réservés © Les Publications Québec français, 2012

À propos d'Érudit | Abonnements | RSS | Conditions d’utilisation | Pour nous joindre | Aide

Consortium Érudit ©  2016