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Québec français

Numéro 161, printemps 2011, p. 1

Littérature et peinture

Sous la direction de Steve Laflamme

Le texte documentaire

Sous la direction de Réal Bergeron et Martine Brunet

Direction : Aurélien Boivin (directeur)

Rédaction : Chantale Gingras (rédactrice en chef, littérature, langue et société), Steve Laflamme (rédacteur en chef, littérature, langue et société), Réal Bergeron (rédacteur en chef, didactique) et Monique Noël-Gaudreault (rédactrice en chef, didactique)

Éditeur : Les Publications Québec français

ISSN : 0316-2052 (imprimé)  1923-5119 (numérique)

qf1076656
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L’enseignement de l’anglais intensif en sixième année : un geste de colonisé

Aurélien Boivin

Résumé | Extrait

ÉDITORIAL L'enseignement de l'anglais intensif en sixième année : un geste de colonisé Après avoir décidé de maintenir les écoles passerelles, après avoir refusé d'étendre les dispositions de la loi 101 aux collèges anglophones, où la majorité des étudiants sont francophones, voici que le gouvernement, comme l'a déclaré le premier ministre dans son discours inaugural, entend imposer que la moitié de la sixième année du primaire soit consacrée uniquement à l'enseignement de l'anglais. Je n'ai rien contre l'enseignement de l'anglais ou de l'espagnol ou du mandarin, pourquoi pas ? Mais encore faut-il que les jeunes Québécois puissent maîtriser leur propre langue. Et ce n'est pas le cas de ces jeunes qui sont appelés à prendre la relève. Bon nombre de professeurs sont d'accord pour dénoncer la piètre qualité du français de nos élèves et de nos collégiens, voire des étudiants et étudiantes qui poursuivent des études supérieures. Un grand nombre d'entre eux sont aussi d'accord pour dire qu'ils n'ont pas le temps de voir tout le programme de telle ou telle matière dans une année complète. Comment feront-ils s'ils doivent maintenant consacrer la moitié d'une année à l'enseignement de l'anglais ? Quelle génération prépare-t-on avec une telle décision prise en toute improvisation sans consultation auprès des enseignants, les premiers concernés, et auprès de leurs syndicats. Pour enseigner n'importe laquelle langue, il faut des spécialistes. Le Québec devra alors se tourner vers les autres provinces pour faire du recrutement. Une telle démarche, combinée à l'enseignement intensif de l'anglais en sixième année, constitue, comme l'a affirmé le politicologue Christian Dufour, une menace pour l'identité québécoise. De plus, en bilinguisant les écoles francophones, comment faire admettre aux immigrants allophones ou anglophones de la nécessité de maîtriser le français au Québec ? Au lieu de favoriser l'apprentissage de l'anglais en bas âge, le gouvernement devrait mettre de l'avant des mesures pour assurer un meilleur enseignement du français et apporter aux professeurs de langue maternelle de la grande majorité des Québécois une aide accrue pour leur faciliter la tâche. Ce n'est pas avec la promesse d'implantation de tableaux interactifs que nous assisterons à une révolution de l'enseignement du français dans nos écoles et à l'amélioration de l'apprentissage de la langue des petits Québécois. Il aurait fallu aussi penser améliorer l'aide aux élèves en difficulté et consacrer les sommes que l'on veut investir dans l'enseignement de l'anglais à l'engagement de personnels spécialisés, orthopédagogues, psychologues... Et pourquoi ne pas favoriser plutôt l'apprentissage de l'anglais au secondaire où le Québec compte d'excellents professeurs bien qualifiés ? On aurait voulu remettre dans l'actualité le Portrait du colonisé d'Albert Memmi que l'on n'aurait pas agi autrement. En obligeant d'ailleurs les professeurs à enseigner en anglais la moitié de la sixième année ne contrevient-on pas à la Loi 101, qui précise que la langue d'enseignement au Québec est le français ? C'est à suivre.

Auteur : Aurélien Boivin
Titre : L’enseignement de l’anglais intensif en sixième année : un geste de colonisé
Revue : Québec français, Numéro 161, printemps 2011, p. 1
URI : http://id.erudit.org/iderudit/63966ac

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